BREAK DE MI FESTIVAL, OUVERTURE DE L’ACTE II

•3 juillet 2014 • Laisser un commentaire

Devant l’affluence des inscriptions et le succès des rencontres de Laignes, les organisateurs ont décidé cette année d’ajouter deux jours aux rencontres et de les organiser en deux sessions.

Le premier acte s’est clos avec la projection en plein air de « Van Gogh »

Entre les deux sessions, une randonnée pédestre était organisée pour découvrir la région. Après la grotte de la Baume l’année dernière, Gilles Michel, président du Comité Départemental de la Randonnée Pédestre (mais aussi mon beau-frère…) et guide pour la journée, a proposé un circuit en direction du lac de Marcenay.

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Par un circuit à travers forêts et vignes le lac fut atteint puis contourné pour arriver à l’observatoire des oiseaux.

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L’arrivée sur la plage a permis au plus grand nombre de piquer une tête dans l’eau déjà chaude du lac puis de prendre un peu de repos autour d’un agréable pique-nique.

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17h au VOX, c’était déjà la reprise des travaux avec la projection de 40 minutes du futur film de François Guerch « Cap aux bords », un pré-montage très apprécié, jugé par beaucoup comme déjà définitif, une discussion très fournie et argumentée qui a permis à François Guerch de prendre beaucoup de notes et d’exposer ses parti-pris de réalisateur-monteur.

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L’ouverture de l’acte II des rencontres se faisait en soirée, lunettes 3D sur le nez pour découvrir dans d’excellentes conditions techniques (images et sons) l’incroyable dernière production de Jean-Luc Godard « Adieu au langage » (Ah ! Dieux, Oh langage ! selon la version du réalisateur Suisse)… Un film d’1h10, suivi de discussions nourries autour d’un verre de bière au foyer du festival, l’ancien café de la Fontaine.

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LE FESTIVAL DANS ET HORS LES MURS

•2 juillet 2014 • Laisser un commentaire

Hors les murs, c’était tout d’abord la dernière séance (comme au cinéma…) de la gymnastique pour filmeurs dans le parc avec Jean-Louis Le Tacon, contraint de nous quitter dès cet après-midi.

C’est aussi le stade sportif de Laignes, transformé l’espace d’une semaine en camping improvisé pour accueillir les jeunes participants aux rencontres de Laignes, bonne ambiance, et finalement, avec le beau temps, confort relatif (cette année, plusieurs Laignois ont proposé une chambre, on espère que dans les années qui viennent, une majorité de festivalier puisse trouver un accueil chez l’habitant, c’est plus convivial et surtout cela crée des liens et des relations sympathiques, fortes et durables…)

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C’est enfin, pour la première fois dans ces journées, une séance en plein air ouverte à tous sur la place de la mairie. Au alentours de 10h20, lorsque la pénombre est devenue suffisante la projection du « Van Gogh » de Piala a pu commencer. Excellente qualité d’image et de son, grâce à la prestation très professionnelle des techniciens de PANORAMIC et à leur matériel ultra moderne (projecteur numérique grande puissance, écran géant gonflable, sono stéréo…). Plus de spectateurs du cru que de festivaliers (ceux-ci, majoritairement les Belges, étant enfermés au VOX pour suivre sur grand écran, le 8e de finale de football de la Belgique [victorieux, on la su rapidement par les klaxons…] contre les USA)

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Dans les murs, ce furent aussi les deux ateliers autour de l’hôpital psychiatrique de André Robillard et autour de la clinique de Laborde à Saint Alban.

Le matin, Henri François Imbert a dû affronter quelques critiques jugées parfois un poil agressives à propos de son film de la veille. Il a su toutefois y répondre calmement, justifiant son parti pris de réalisateur et ses choix de montage (c’est aussi le but des rencontres, c’en est d’ailleurs sans doute l’un des aspects les plus pédagogiques, chacun au final retenant les options correspondant le mieux à sa personnalité.) Le nouveau film en devenir de Henri-François Imbert toujours autour d’André Robillard présenté ce matin fit par contre l’unanimité.

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L’après-midi, avec de nombreux intervenants venu de Saint Alban et de nombreux petits films ou extraits de films dont des rushes retrouvés récemment à la clinique de Laborde (16mm noir et blanc, muets) à la puissance incroyable a emporté l’adhésion et l’enthousiasme de l’ensemble des participants.

RESPIRATION DANS LE PARC POUR LE FESTIVAL DE CINEMA DE LAIGNES

•1 juillet 2014 • Laisser un commentaire

La deuxième séance de gymnastique pour filmeurs animée par Jean-Louis Le Tacon grâce au retour du soleil a pu se faire de bon matin sur les pelouses du jardin public de la mairie. Les futurs cinéastes ont ainsi appris les gestes permettant sans effort de filmer sans trembler et ont éveillé certains muscles très utiles à l’équilibre et à la maîtrise de soi.DSC_0408Le deuxième séminaire autour de Wang Bing, à la demande générale, s’est aussi organisé au même endroit. Les démonstrations, les leçons de cinéma de Wang bing ont à nouveau subjugué les festivaliers qui ont énormément appris. Grâce à son excellent traducteur, Wang Bing a pu communiquer très gentiment avec chacun.

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Le repas, organisé comme chaque jour, à la salle des fêtes est un autre moment d’échange, où tous ensemble, personnalités invitées, organisateurs et festivaliers se retrouve à égalité devant la fontaine à vin ou au comptoir de service…

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L’après midi était consacrée à l’un des ateliers qui ont fait la renommée du festival de Laignes : les jeunes réalisateurs, comme les plus confirmés viennent avec leur film en construction, les montrent à leurs collègues et en discutent ensuite, écoutant les critiques, les félicitations, les encouragements, les conseils… Un moment essentiel, unique et privilégié. L’occasion de tester en vraie grandeur et en présence d’un public nombreux et très cinéphile, une œuvre en devenir, l’occasion d’avoir des réponses à des questions que tout réalisateur ou tout monteur se pose au moment de finaliser son travail.

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Les premiers à se lancer dans cet exercice parfois périlleux furent cet après-midi Jen Debauche avec sa « trajectoire du cyclope » (titre qui n’est déjà plus le bon), puis Oliver Dekegel avec son « Rond est le monde »…

Le film de soirée, « André Robillard, en chemin », présenté par son réalisateur Henri-François Imbert a fait l’unanimité autour d’un personnage dont la folie confine au génie… Un film qui donne envie de voir la suite (« Robillard en compagnie », film en cours de réalisation), mais cela c’est pour demain !

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Autres rendez-vous très attendus : la projection (gratuite et ouverte à tous) en plein air sur la place de la Mairie, mardi soir à 22h du « Van Gogh » de Piala avec Jacques Dutronc, également mercredi matin, la randonnée pédestre également ouverte à tous en direction du lac de Marcenay pour un pique-nique sur la plage, et aussi, jeudi soir au cinéma Sélect de Châtillon-sur-Seine, la projection en 3D (séance gratuite et ouverte à tous) du très beau film de Werner Herzog « La grotte des rêves perdus », un film totalement d’actualité, puisque la grotte Chauvet, sujet principal de ce film, vient d’être classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

WANG BING GRANDE VEDETTE A LAIGNES

•30 juin 2014 • Laisser un commentaire

Selon les mots de Patrick Leboutte, délégué général des rencontres cinématographiques de Laignes, peu de monde à Laignes connaît Wang Bing, pourtant l’un des plus grands cinéastes Chinois contemporain, mais bientôt à Pékin, on connaîtra Laignes !…

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Cette deuxième journée des rencontres a commencé sur les chapeaux de roues avec la gymnastique pour filmeurs animée par Jean-Louis Le Tacon à la salle des fêtes pour cause de mauvais temps…

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Le duo Leboutte-Le Tacon a ensuite donné sa vision du cinéma moderne : le rêve de Godard réalisé grâce aux moyens très légers de prise de vue en numérique, plus besoin d’une équipe nombreuse et de beaucoup de matériel, on est beaucoup plus près de la réalité, on peut se permettre de rapporter des images sans influer sur le sujet filmé, on peut à tout moment faire des images, tout non professionnel peut devenir filmeur, le cinéma se démocratise et des moments de spontanéité inédits vont voir le jour.

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Deux grands moments de cinéma ont empli le reste de la journée : la projection en 35mm du classique « Fous à délier » de Marco Bellocchio de 1975 et exactement sur le même thème, le magnifique « A la folie », dernier film de Wang Bing : 3h47 d’images incroyables tournées dans un asile au sud de la Chine. Filmer au plus près, sans jamais tomber dans le piège du voyeurisme, c’est ce qu’a magnifiquement réussi l’invité vedette du festival Laignois.

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La soirée, entièrement consacrée à un séminaire Wang Bing a permis à la salle d’exprimer son admiration, mais également de poser des questions très pointues auxquelles Wang Bing ne s’est pas dérobé.

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CARTON PLEIN POUR L’OUVERTURE DES RENCONTRES CINEMATOGRAPHIQUES DE LAIGNES

•29 juin 2014 • Laisser un commentaire

La salle du VOX était trop petite pour accueillir tous les festivaliers des 3es rencontres de LAIGNES.

Une salle comble...et comblée

Une salle comble…et comblée

Il faut dire qu’en plus des deux courts métrages de Marianne Amaré et de Myriam Etman, le festival accueillait l’un des plus grands cinéastes chinois contemporain en la personne de Wang Bing.

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Wang Bing, accompagné de son interprète a très gentiment, et malgré la fatigue du voyage présenté cet extraordinaire personnage qu’il a filmé pendant des mois et qu’il continue de voir régulièrement aujourd’hui. « L’homme sans nom », c’est ce marginal qui vit en totale autonomie, qui ne prononce pas deux mots en une semaine, mais qui a organisé sa vie autour de tâches quotidiennes très structurées. Nous le suivons pendant 92 minutes en ayant, grâce à l’œil de Wang Bing, l’impression de partager une tranche de vie finalement pas si décalée…

Wang Bing et son interprète

Wang Bing et son interprète

Les étudiants de cinéma et autres festivaliers, venus de France, Belgique, Luxembourg et autres pays francophones se sont installés, qui sous tente au stade, qui dans la salle des sports, qui même chez l’habitant… Ils ont été accueillis par un délicieux repas chinois préparé par Anémone, puis par des mots de bienvenue de la part des organisateurs.

L’after a eu lieu, comme les deux précédentes éditions au café de la Fontaine réouvert pour l’occasion et pour servir aussi de foyer d’accueil.

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Les organisateurs s’excusent auprès de la quinzaine de Laignois venus à l’heure (20h30) pour assister à l’ouverture qui a en fait démarré trois quart d’heure plus tard à cause d’un retard pris au moment du repas. Un effort particulier sera fait pour éviter de reproduire cela dans les journées qui viennent

L’ensemble des élections municipales de mars 2014 à LAIGNES annulé

•20 juin 2014 • Laisser un commentaire

Suite à de nombreuses irrégularités observées lors du premier tour, nous avions décidé de déposer un recours sur l’élection de huit conseillers municipaux de la liste Antoni au premier tour.

Ce recours a été analysé pendant deux mois et demi par le tribunal administratif de Dijon où toutes les parties ont pu donner leurs arguments et fournir tous les documents et témoignages qu’ils ont voulu.

De notre côté, nous n’avons pas pris d’avocat. L’équipe Antoni s’est fait accompagner par Maître Néraud, avocat à Dijon.

Le jugement a été rendu le lundi 16 juin et dépasse largement notre demande, puisque en plus de l’annulation de l’élection des huit conseillers demandé, vu la gravité des faits constatés, le tribunal a jugé qu’il fallait annuler la totalité des élections municipales.

Lorsque nous avons décidé d’introduire ce recours, J.-M. Antoni a dit partout que nous étions de mauvais perdants, eh bien, le tribunal a jugé que lui, il était un mauvais gagnant !

Nous auront l’occasion dans les jours qui viennent de donner quelques détails sur les raisons de ce jugement et sur les suites qui y seront données.

3ème FESTIVAL INTERNATIONAL DES ETUDIANTS DE CINEMA A LAIGNES DU 28 JUIN AU 6 JUILLET 2014

•13 juin 2014 • 1 commentaire

Programme

Beaucoup de monde devant le VOX

Beaucoup de monde devant le VOX

  Le programme est maintenant bouclé, en voici les principaux point forts :

une salle très attentive

une salle très attentive

SAMEDI 28 JUIN : SOIRÉE D’OUVERTURE.

  • 19 h 00 : Repas d’ouverture réalisé par Anémone Sengkouvanh du Nouveau Comptoir d’Asie (sur réservation).

La pause gastronomique

  • 20 h 30 : Prologue

 Lettre à Jean Sterck (Marianne Amare, France, 2013, 5’) en présence de la réalisatrice.

Egun Batean (Myriam Etman, France, 2014, 3’10) en présence de la réalisatrice.

                      “Deux lettres cinématographiées comme deux bouteilles à la mer, deux adresses “en” cinéma :

Filmer pour quelqu’un en particulier, le faire apparaître sans jamais le montrer,  jusqu’à nous le rendre présence proche. Commencer ces rencontres dans l’humilité d’un simple geste de cinéma, d’un cinéma dans son plus simple appareil, dépouillé.

Le film de Marianne Amaré fut tourné et monté en une journée, ici même, à Laignes, en juillet 2013, en hommage à nos hôtes qui acceptent depuis trois ans de transformer leur village en un mini Woodstock pour filmeurs. Jean Sterck est l’un d’eux, il aime les hiboux et s’assied régulièrement au premier rang.

Le film de Myriam Etman est un passage de frontière, un voyage entrepris au nom d’un combattant qui ne peut plus se déplacer lui-même. Il rêvait de lui faire découvrir son village, ils en avaient parlé, il vit désormais derrière des barreaux. De là bas, elle lui ramène la plus belle des images : la preuve qu’au pays, on l’attend.” (Patrick Leboutte).

 

  • Film d’ouverture de l’acte I :

L’homme sans nom

(Wang Bing, Chine, 2009, 92’), en présence du réalisateur Wang Bing, l’un des plus grands cinéastes de Chine, réalisateur du célèbre film « les 3 sœurs du Yunnan »

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Critique de L’Homme sans nom – par lost in the net : Très bien :

Wang bing nous prouve encore une fois qu’il fait surement se qui ce fait de mieux dans le documentaire contemporain, ce film d’1h30 nous plonge dans la vie d’un homme vivant reclus dans la campagne chinoise. Il vit absolument seul, coupé du monde, vivant de ses propre cultures (à la manière de L’homme qui plantait des arbres de Frédéric Back) et de ce qu’il peut réussir à trouver autour de « chez lui ». Wang bing a un sens du cadrage absolument magnifique, il filme très simplement, au plus proche, le quotidien de cette homme, sans absolument aucune communication entre eux, nous laissant finalement seuls, observer la vie.

Patrick Leboutte : “Régulièrement on nous propose de regarder la terre vue du ciel, autrement dit du point de vue des marchands : calendrier des postes, Google Map, Home, soit tout un archivage numérique, un quadrillage satellitaire du monde. Il faut se méfier de ceux qui affirment prendre de la hauteur et se séparent ainsi de leurs semblables. Leur envol suppose des moyens que nous ne possédons pas : un bar-fumoir dans la nacelle, le financement d’une grande banque, l’approbation des puissants.Depuis toujours, le geste documentaire contredit ses façons, préférant travailler l’ici-bas en demeurant les pieds sur terre. Des humains de part et d’autre d’une caméra, serait-elle posée dans la glaise, et bien sûr la relation qui s’ensuit, cela suffit pour faire un film : cinéma tout nu, cinéma povera, cinéma de refondation dont Wang Bing est depuis plus de dix ans le plus universel des représentants.”

Réalisé en 2009-2010, L’homme sans nom n’a jamais fait l’objet d’une sortie en salles, étant plutôt montré dans des centres d’art lors d’installations. Sa place nous semble pourtant évidente dans les cinémas au même titre que la plupart des films de Wang Bing. Cet homme sans nom est un homme vivant à l’écart du monde, dormant à l’intérieur de la brèche d’un rocher, marginal évoluant dans un paysage tout juste déserté par les paysans et les ouvriers, non loin de Pékin. Wang Bing a suivi le moindre de ses gestes, rudimentaires, essentiels lors de leur rendez-vous réguliers. Jardiner, cueillir, marcher, tel est le quotidien de cet homme, presque redevenu homme du néolithique.

Voilà la rencontre d’un cinéaste arpenteur de son pays, calant ses pas sur ceux d’un être isolé du sien, organisant sa subsistance. L’homme sans nom semble repartir de la fin d’À l’ouest des rails, maintenant que tout est détruit… Et entrer en dialogue avec son négatif, Fenming, long plan fixe d’une femme racontant son histoire.

 

DIMANCHE 29 JUIN

          .     9 h : Première séance de gymnastique pour filmeurs, animée par Jean-Louis Le Tacon.

sous la direction de Le Tacon

sous la direction de Jean-Louis Le Tacon

La Gymnastique du Filmeur :

Commencer par se mettre en mouvement pour mieux penser en actes. Séances quotidiennes de mise en forme où l’on invitera les filmeurs à se mouvoir au plus près de leur outil – caméra DV, Super 8, Ipad, téléphone portable ou simplement leurs mains -, apprenant ainsi à faire corps commun avec lui, selon le rituel initié naguère par Jean Rouch et dont Jean-Louis Le Tacon est aujourd’hui le dernier chaman, le poétique continuateur.

Gymnastique d’opérateurs, chorégraphie pour caméras ; ciné-transe, ciné-plaisir : chaque jour, les participants s’entraîneront pendant une heure, sur la place du village, invitation à se répandre ensuite dans ses rues comme aux alentours avec la charge de récolter quelques plans. Pendant huit jours, conviant les habitants à nous rejoindre dans cette activité, les filmeurs feront de Laignes un village animé en permanence par le cinéma.

Du 29 juin au 1er juillet, ces séances matinales seront animées par Jean-Louis Le Tacon, cinéaste filmeur.

Du 2 au 6 juillet, David Legrand, vidéaste et artiste drolatique, lui succèdera, faisant dériver l’exercice vers un art plus excentrique encore.

Point n°7 du manuel de Jean-Louis Le Tacon :

Changement éclair de l’axe de prise de vue à la faveur d’une volte-face. On opère ainsi un champ/contrechamp absolu. Ça fait très art martial. On peut crier ! Pour s’y préparer on peut sautiller pieds joints comme des basketteurs, ceci prépare à une forte détente des pieds et des jambes.

ESSAI SUR LE DEVENIR ACCESSOIRE DE L’HOMME FILMIQUE ou COMMENT DEVENIR UNE CAMÉRA VIVANTE PAR DAVID LEGRAND :

EXERCICES FILMIQUES

1 – Echauffement Karl Valentin, d’après le parcours de gestes complet de DER NEUE SCHREIBTISH (le nouveau bureau) sketch filmé de 1913

2- Apprendre à filmer avec un baton : apprentissage des gestes, positions, mouvements, avec le bâton-caméra

3- Enchainement des gestes, positions, mouvements avec le bâton-caméra +avec un mouvement difficile (reproduction vivante d’une grue LUMA à deux partenaires)

4 – Relaxation et yoga mentale avec la voix de Jean-luc Godard

La liste des bienfaits :

- Se foutre de l’image, car de toute façon elle sera bonne si elle signifie quelque chose.

- Traverser le monde plat avec une possibilité de profondeur.

- Savoir filmer avec une chaussure ou un bâton.

- Qu’on puisse « Jouer » du cinéma ainsi, cela n’arrive pas très souvent, à cause de la façon misérable dont la télé utilise le travelling optique.

- Trouver son centre, s’équilibrer, se stabiliser et secréter du cadre comme on respire.

- Devenir léger et faire du cinéma léger.

Attention : Exercices filmique avec 1 bâton pour la caméra 2 D et 2 bâtons pour la caméra 3D avec principe d’équivalence pour les chaussures.

 

  • 10 h 00 : Introduction aux rencontres (Patrick Leboutte et Jean-Louis Le Tacon)
Séance d'ouverture

Séance d’ouverture

    • 10 h45 :  Projection de Fous à délier

      (Marco Bellocchio, Silvano d’Agosti, Sandro Petraglia, Stefano Rulli, Italie, 1975, 2h10).

      Marco Bellochio

      Marco Bellochio

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      Trois patients internés dans un hôpital psychiatrique vont être réintégrés dans la société. Ils confient leur perspectives d’avenir.

En 1968, alarmée par l’état catastrophique de la psychiatrie publique en Italie, la municipalité communiste de Parme confia à Mario Tommasini, un ancien ouvrier du gaz, la direction du secteur de la santé mentale et sa réorganisation dans des voies révolutionnaires. Cette initiative politique, inspirée du célèbre psychiatre Franco Basaglia, critique de l’institution asilaire, marqua le début d’une vaste entreprise de réinsertion sociale des patients.

Considérant que la souffrance de l’un est l’affaire de tous, Fous à délier illustre magistralement les propos de Basaglia : rendre la folie à la société et la vie sociale à la folie. Le film débute par les portraits de trois de ces “malades”, un enfant et deux jeunes adultes. Parole leur est donnée, ainsi qu’à leur entourage, que la caméra restitue dans une impressionnante proximité. Les “fous”, filmés avec un évident respect, surprennent par la force et la lucidité de leur propos. De même les ouvriers de l’usine qui ont accepté d’intégrer un groupe de jeunes handicapés disent simplement : nous nous sommes découverts une humanité que nous avions un peu perdue.

Ce film invite à questionner le terreau individuel et social de la folie, l’état d’enfermement et les conditions d’un retour dans la « vie normale ».

“Tout d’abord se délier de la fange des traitements des asiles italiens : maltraités, liés, ligotés, camisolés, jetés dans l’eau froide, électrochoqués et lobotomisés… Délier ensuite pour composer, expérimenter de nouveaux rapports avec le monde, le cinéma. Documentaire-bougeotte qui sent la nécessité de s’y mêler, de se relier autrement, de respirer aux grands airs. Il faut aller vite, ça brûle.

Filmer des portraits, des asiles-prisons, des discussions animées, des usines où l’on célèbre « l’autre », des nouvelles expériences “hors les murs”. Le tout saupoudré de chants et de musiques traditionnelles. Nous sommes dans le chaudron de l’anti-psychiatrie italienne, celle qui cherche à « démasquer dans la pratique que l’usine est nuisible pour la santé, que l’hôpital produit la maladie, que l’école produit des marginaux et des analphabètes, que l’asile rend fou, que les prisons fabriquent des délinquants et que cette production ‘’inférieure’’ est réservée à la classe subalterne” (Franco Basaglia, Cinénews).

“C’est l’époque où l’on cesse de considérer qu’une frontière sépare le normal du pathologique. Dorénavant, on envisage la pathologie sur un axe vertical ; c’est un thermomètre et rien de plus. L’homme que l’on qualifie de normal se trouve à 37°5 et celui que l’on désignait auparavant sous le nom de fou est à 38°5 ou 39° ; c’est tout, mais c’est subversif. L’individu dit pathologique est simplement un peu plus haut que les autres sur l’échelle des températures.” (Pierre Gabaston, in “le Cinéma, une histoire de fous”, table ronde autour du Moindre Geste in L’image, le monde, n°2, automne 2001).

“À mon sens, ce film n’appelle pas de débat. Ce qui est à l’ordre du jour, ce ne sont plus les grandes démonstrations théoriques, les dénonciations véhémentes et les programmes de toute nature, mais de véritables passages à l’acte… Je ne prétends pas que tout soit simple avec la ‘’folie’’ ou la ‘’débilité’’ et que le recours aux bonnes intentions, aux tisanes de grands-mères ou à l’activité communautaire soit toujours suffisant pour aider ceux qui souffrent, mais je suis persuadé qu’il est nécessaire de balancer de toute urgence tout ce qui possède un relent quelconque d’hôpital psychiatrique, de blouses blanches, de technocratie du savoir ou de l’inconscient, et de se mettre en prise directe avec le bon sens minimum avec des gens directement concernés, ce qui implique encore une fois de se décider vraiment à leur donner la parole, comme a su le faire l’équipe de Parme.”(Félix Guattari, in Les Nouvelles littéraires, 4 mars 1976).

  • 13 h : Pause déjeuner libre.

 

  • 14 h  : Projection de Til Madness Do Us Part – A la folie     (en avant-première)

(Wang Bing, Chine, 2014, 3h47). Séance présentée par Wang Bing

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Tout dernier film de Wang Bing, qui sortira en salles en 2015, À la folie (Til madness do us part), possède le souffle des grands films. C’est en effet à pleins poumons que Wang Bing pénètre enfin dans un hôpital psychiatrique dans la région du Yunnan – pas celui qu’il souhaitait au départ – dès qu’il obtient l’autorisation de filmer.

Sans politesse superflue, il embraye aussitôt et se place au milieu des pensionnaires-prisonniers. Il y filme les gens qui y sont internés, les suivant dans leurs marches le long de la coursive, puis dans leur chambre, insalubre. Un écho de Pedro Costa, de Vanda et sa chambre, misère extrême et abrutissement de l’être à grands coups de drogue, avachissement des corps, et pourtant les résidus d’humanité sont encore très vivaces et très beaux… Quand Pedro Costa peint Vanda et le quartier de Fontainhas, Wang Bing respire avec les pensionnaires de l’hôpital. Ici, il n’y a pas de frontière fous/non-fous, la seule frontière agissante ce sont les barreaux de ce qui est une prison.

Les cartons à la fin du film dévoilent les raisons retenues pour l’enfermement des gens filmés. On y retrouve pêle-mêle tous ceux qui ne cadrent pas avec l’ordre social chinois. La différence avec la prison n’est que sémantique, l’accompagnement humain purement répressif.

Cependant, l’univers carcéral oppressant fait place petit à petit au réseau de liens que tissent les habitants du lieu (certains ont 20 ans d’enfermement derrière eux…). Des éclats de tendresse, de petites offrandes, des complicités apparaissent  alors à l’écran comme autant d’épiphanies magiques. Le film possède, malgré la dureté des conditions de vie que l’on découvre et l’injustice permanente qui règne dans l’organisation de l’institution, une certaine légèreté qui souffle parmi l’entrelacs des faits et gestes de ces prisonniers étiquetés comme fous.

 

  • 18 h 15 : Pot d’accueil offert par la mairie à la salle du conseil.

 

  • 19 h 15 : Repas chaud (sur réservation)

 

  • 20h 30 : séminaire avec Wang Bing (volet 1)

 

Le cinéaste chinois Wang Bing, né en 1967, documente depuis ses débuts, à l’aube des années 2000, l’existence d’hommes et de femmes dont le destin est fissuré par la perte : ouvriers privés de leur travail après la fermeture des usines (À l’ouest des rails, en 2004), citoyens, intellectuels enfermés dans des camps de rééducation (Fengming, chronique d’une femme chinoise, en 2007, Le Fossé, en 2010), ermite subsistant dans une grotte dont la hauteur lui permet à peine de se tenir debout (L’Homme sans nom, en 2009), gamines livrées à elles-mêmes alors que leurs parents sont partis travailler à la ville (Les Trois soeurs du Yunnan, en 2012), personnes internées dans un asile sous le règne de l’arbitraire (‘Til Madness Do Us Part, en 2013). Wang Bing raconte de film en film l’humanité restée en marge de la marche triomphale de la Chine contemporaine vers la croissance économique.

 

 

LUNDI 30 JUIN :

  • 9 h : Gymnastique pour filmeurs, animée par Jean-Louis Le Tacon

 

  • 10 h : Séminaire Wang Bing (volet 2), en présence du cinéaste

Wang Bing

Wang Bing

  • 12 h 30 : Pause déjeuner libre.
  • 14 h-16 h 30 : Ouvrir le monde : Partie I : Vers le Sud (Atelier)

  • Les ateliers sont des moments d’échanges privilégiés, approfondis, où jeunes réalisateurs comme cinéastes confirmés, sans hiérarchie, tous à égalité, présentent un état de leur travail dans l’étape où celui-ci se trouve à cet instant : repérages, rushes, premier montage ou film tout juste terminé.

    On y parle évidemment, concrètement, de pratiques, de méthodes et d’outils, voire parfois même de stratégies de survie. On y parle surtout de geste cinématographique et d’expérience artistique, conscients que réfléchir ensemble aux films des uns revient toujours et d’abord à penser le travail de tous, spectateurs ou praticiens.

    En hommage à Sébastien Koeppel qui fut un praticien amoureux de la pellicule, de son grain, de sa peau, cet atelier présente une étape de travail d’un film auquel il avait étroitement collaboré (« la Trajectoire du cyclope » de Jenn Debauche, tourné en 16 mm) suivie de la projection de « Rond est le monde » (Olivier Dekegel, tourné en Super 8, 2013) : deux échappées, deux évasions, l’une plus apaisée que l’autre, mais surtout deux traversées du monde dont la matérialité sensible de la pellicule rend tangible tout à la fois le mystère et la beauté.

  • - Projection d’une étape de travail de La trajectoire du cyclope (Belgique, 2014, 47mn) de Jenn Debauche, en présence de la réalisatrice

  • “Rompre avec l’aliénation, la répétition mécanique des gestes du travail et, s’il le faut, la société en ce qu’elle tend à délier du monde, et décider alors de renouer avec celui-ci (sa matière, sa concrétude, ses paysages, sa texture) en un mouvement radical : marcher, tout simplement marcher, et retrouver ainsi ce moindre geste inaugural, constitutif de l’humain. La trajectoire du cyclope (titre provisoire) raconte l’histoire d’un homme qui marche, d’un homme sans nom, en quête de ses propres lignes d’erre.” (Patrick Leboutte).

  • - Projection de Rond est le monde d’Oliver De Kegel (Belgique, 2013, 41mn), en présence du réalisateur

  • Les pérégrinations pastorales d’un cinéaste et d’un âne en voyage. Scandé par le rythme des saisons, la conception d’un monde panthéiste pour une ode à l’exaltation du regard.

  • Intervenants : Jen Debauche, Lou Vercelletto (monteuse de La trajectoire du cyclope), Sylvie Bouteiller (écriture sonore) et Olivier De Kegel (programmateur à la cinémathèque royale de Belgique).
  • 17 h : Ouvrir le monde II :

  • - Projection de rushes inédits de Fernand Deligny autour de son travail dans les Cévennes.

  • “1979, les Cévennes. Fernand Deligny et quelques autres tentent encore un accueil hors les murs de ces enfants qu’ON dit autistes. La paluche se retrouve dans les mains de Caroline, sa fille, qui a rejoint pour quelques années cette énième et dernière “tentative” : la “trame” qu’elle saisit est celle d’un quotidien rude et précaire, un “faire” sur lequel un « agir » pourrait peut-être advenir. Tel un “point de voir” sur ce qu’on ne verrait plus, elle se tient au plus proche de ce qui fascine ces enfants si sensibles.

    Ces rushes muets et non montés, enregistrés sur un format vidéo noir et blanc de l’époque, sont inédits. Ils ont été choisis parmi les quatre bobines retrouvées, chacune d’une durée d’une vingtaine de minutes.”(Bruno De Coninck)

  • Intervenants : Bruno De Coninck (moniteur à la clinique de la Borde), Lou Vercelleto (monteuse).

  • 19 h : Repas chaud (sur réservation).
un moment convivial

un moment convivial

  • 21 h 00 (horaire sujet à retard) : Projection de André Robillard, en chemin (Henri-François Imbert, France, 2013, 78’), en présence du réalisateur.

(Henri-François Imbert commence à filmer en super-8 à l’âge de vingt ans. Il réalise par la suite des documentaires (Sur la plage de Belfast (1996) et Doulaye, une saison des pluies (1999)) qui restent très liés au film de famille et au journal filmé.

Chargé de cours en réalisation documentaire à l’Université de Paris VIII, Henri-François Imbert met en scène No pasaràn, album souvenir, mélange de fiction et de documentaire présenté à la Quinzaine des Réalisateurs du Festival de Cannes 2003. Le cinéaste cherche à y compléter une collection de cartes postales photographiées dans le village de sa famille durant la guerre civile espagnole.)

En 1964, André Robillard s’est mis à fabriquer des fusils avec des matériaux de récupération ramassés au hasard de ses promenades dans l’hôpital psychiatrique où il vivait à Fleury-les-Aubrais. Aujourd’hui, à 83 ans, demeurant toujours à l’hôpital où il est entré à l’âge de neuf ans, il est devenu un artiste de l’Art Brut internationalement reconnu. André Robillard et Henri-François Imbert sont amis de longue date, depuis qu’ils ont réalisé un premier film ensemble en 1982. Suite à cette expérience inaugurale, Henri-François a continué à filmer André au gré de leurs rencontres, parce que cela leur faisait plaisir à tous les deux et parce que leur relation s’était construite aussi autour de ce travail commun – celui de présenter les oeuvres d’André et de faire le récit de sa vie.

Au fil du temps, un nouveau film est né, entrant en résonance avec le magnifique « Beaudelot » de Camille Fontenier, présenté en fin de festival, l’année dernière.

MARDI 1er JUILLET :

  • 9h : Gymnastique pour filmeurs.
Gymnastique pour filmeurs

Gymnastique pour filmeurs

  • 10h-12h30 : Séance de travail sur un film en cours de production : projection de Robillard, en compagnie (Henri-François Imbert, 2014, 40mn), en présence du réalisateur.

“Il y a cinq ans, un metteur en scène qui avait notamment travaillé plusieurs années à la Clinique de la Borde avec Jean Oury, a proposé à André Robillard de monter un spectacle qui s’inspirerait de sa propre vie et dans lequel il jouerait. André a bien sûr accepté, lui qui n’était jamais allé au théâtre, d’autant plus que ce metteur en scène, Alexis Forestier, portait le même nom que le célèbre créateur d’Art Brut de l’hôpital de Saint-Alban, Auguste Forestier, à qui André est d’ailleurs parfois comparé.”

Ce spectacle a été monté dans une dizaine de théâtres en France et, à chaque fois, André a vécu l’expérience du voyage, des répétitions, des premières, des soirées avec les comédiens, puis des réveils à l’hôtel. J’ai pu filmer cette nouvelle aventure et cette idée en acte du collectif qui soigne et réintègre dans la vie. Puis André et Alexis ont été invités à jouer dans le cadre des Rencontres de Saint-Alban qui, chaque année, réunissent des personnels de la santé mentale pour deux jours de débats et d’ateliers de réflexion consacrés à la psychothérapie institutionnelle » (Henri-François Imbert).

Discussion collective animée par Patrick Leboutte, Jean-Louis Le Tacon et Jacques Gerstenkorn.

Cofondateur de la revue Vertigo, Jacques Gerstenkorn enseigne à l’Université de Lyon 2. Il anime et dirige le festival du film documentaire de Lyon.

  • 12 h 30 : Pause déjeuner libre.

 

  • 14h-18h30 : Politique de l’hospitalité (atelier autour de Saint-Alban)

- Projection de Société Lozérienne d’hygiène mentale (François Tosquelles, 1952-1957, 39′, super 8). film rarement montré, avec l’aimable autorisation de Jacques et Michel Tosquelles, ses enfants.

  • - Une après-midi autour de l’invention de la psychothérapie institutionnelle et d’une idée poétique de l’émancipation. Projection d’extraits, de documents et films rares.

    Rencontre  avec François Pain autour de son propre projet de film qu’il consacre à Jean Oury, cofondateur de la clinique de la Borde et ancien de Saint-Alban, décédé au printemps, mais qui reste pour nous présence proche. De ricochets en rebonds et de rhizomes en roseaux, cet Acte 1 des rencontres de Laignes lui rend hommage. François Pain nous avait présenté l’année dernière son très beau portrait de François Tosquelles.

François Pain

François Pain

  • “La plus grande proximité, c’est assumer le lointain de l’autre.” (Jean Oury)

    “Sans la reconnaissance de la valeur humaine de la folie, c’est l’homme même qui disparaît”. (François Tosquelles)

    “On peut définir une institution totalitaire comme un lieu de résidence et de travail où un grand nombre d’individus, placés dans la même situation, coupés du monde extérieur pour une période relativement longue, mènent ensemble une vie recluse dont les modalités sont explicitement et minutieusement réglées” (Erving Goffman, in Asiles : études sur la condition sociale des malades mentaux et autres reclus, Ed. de Minuit, Paris, 1968).

    “Durant les années de guerre, environ 40.000 malades mentaux périrent dans les hôpitaux psychiatriques en France, de faim, de froid, de maladies, du manque de soin et finalement d’abandon, au point que certains purent comparer la condition asilaire des années 1941-1945 à une « institution totalitaire”.

    Au nord de la Lozère, département le moins peuplé de France, la clinique psychiatrique de Saint-Alban fut un haut lieu de la résistance au nazisme, au pétainisme, à l’occupant. Accompagné de sa femme Nusch, Paul Eluard y trouva asile et refuge à partir de l’hiver 1943, y composant son célèbre Cimetière des fous, en écoutant les malades qui l’entouraient quotidiennement. Là bas, non loin du Mont Mouchet et des paysages austères du Gévaudan, s’inventèrent dans les tourmentes de la guerre les conditions d’une alternative durable aux méthodes carcérales d’accompagnement et de traitement de la folie, jetant ainsi les bases de la psychothérapie institutionnelle, en particulier sous l’impulsion de François Tosquelles. Jean Oury définit d’ailleurs la psychothérapie institutionnelle comme « un ensemble de méthodes destinées à résister à tout ce qui est concentrationnaire », ouvrant ainsi la voie à une vision poétique autant que politique de l’émancipation.

    Projection de : Les inconnus de la terre de Mario Ruspoli (Italie, 1961, 37’)

    Séance présentée par Martin de la Soudière, ethnologue au CNRS,  mi-Einstein, mi-professeur Tournesol, demeure intarissable quand il s’agit d’évoquer la Lozère et plus encore la rigueur de ses hivers. Chargé d’enseignement à l’EHESS et à l’Ecole du paysage de Versailles, l’écouter digresser autour des lieux, des cueillettes paysannes, des fermes isolées, du climat (selon lui, la neige est bleue) ou du souvenir de la bête du Gévaudan, quand ce n’est pas des anciens Tours de France en noir et blanc, est une expérience unique, insolite et poétique. Au rythme des saisons, au détour d’une route, au gré des rencontres et des conversations, de livre en livre – Lignes secondaires (2008), Poétique du village, rencontres en Margeride (2010), Sur les traces de Mario Ruspoli (2013) –, sa géographie rêveuse nous fait partager son goût pour les contrées modestes, réfléchissant à la façon dont en Lozère comme en n’importe quel bout du monde un lieu prend forme. Ce n’est jamais sans récits.

    “Cratères, causses, cavernes. La Lozère : le plus réussi des pays désolés, admirable en carte postale, comme tous les enfers refroidis. Sur cette terre vaine, peuplée mais pas habitée, une poignée d’hommes s’est accrochée.” (Mario Ruspoli)

    “Mario Ruspoli a capté la voix des campagnes abandonnées. Avec leurs mots à eux, avec leurs visages et leurs gestes silencieux, il a fait parler les paysans les plus déshérités de France et nous reconnaissons soudain notre prochain dans ces hommes oubliés du siècle.” (Simone de Beauvoir)

  • Intervenants : Patrick Leboutte, Henri-François Imbert (cinéaste), Martin de la Soudière (ethnologue), François Pain (cinéaste), Bruno De Coninck (psychologue, clinique de la Borde), Joris De Bisschop (moniteur, clinique de la Borde).
  • 19 h 30 : Repas chaud (sur réservation)

  • 22 h 00 : Projection publique de Van Gogh (Maurice Pialat, 1991) EN PLEIN AIR sur la place du village.

vangogh

Dixième et avant-dernier long-métrage de Maurice Pialat.

Nous accueillerons vendredi Jean-Pierre Duret, en tant que cinéaste, mais l’occasion sera trop belle pour ne pas revenir sur son travail d’ingénieur du son sur ce film…

MERCREDI 2 JUILLET : A L’AIR LIBRE

  • 9h - Gymnastique pour filmeurs, animée par David Legrand.

 

  • 10h – Balade ponctuée d’un déjeuner sur l’herbe autour du joli lac de Marcenay.
randonnée pédestre

randonnée pédestre

 

  • 17h : atelier « cinéma en chantier » autour d’une étape de montage de « Cap aux bords » (40′) de François Guerch.

Cap au bord (François Guerch, Belgique, film en cours de montage)

« Matteo, Allan, Salma, Adrien et Adel silencent comme ils respirent. On dit d’eux qu’ils sont autistes. Aux bords du langage, du sens et de l’altérité, je m’embarque avec eux pour les vacances.

Je les laisse maîtres de ce qui pourra advenir ou pas…Car ici, il ne sera question que de temps qui boucle et d’aventures » (François Guerch).

Voici deux ans, ici même, François nous présentait quelques rushes de ses premiers repérages. Le film est à présent en cours de montage. Comment raconter les bords du silence et du langage sans céder aux mots ? Comment filmer un autre aussi radicalement autre ? Est-il possible de faire un film à partir de petits riens, du silence, de l’invisible ? Ces questions, au coeur de son travail en cours, nous les penserons ensemble, à partir d’un premier montage d’une quarantaine de minutes,

en guise de post-scriptum aux travaux de la veille, à la manière d’un prologue à cet Adieu au langage de Jean-Luc Godard que nous projetterons le soir.

  • 19h30 : Repas chaud (sur réservation)

MERCREDI 2 JUILLET , SOIR : 21h, film d’ouverture de l’acte II

 

ADIEU AU LANGAGE                en 3D

Réalisé par Jean-Luc Godard                                                    Durée : 1h10

Nationalité : Suisse

Avec Héloïse Godet, Zoé Bruneau, Kamel Abdelli

Genre : Drame

Ce film a été présenté en compétition au Festival de Cannes 2014 et a remporté le prix du Jury

On avait quitté Jean-Luc Godard sur des images d’Europe à la dérive (Film Socialisme), mais aussi sur des moments de paix éphémère, puisée au fond de la mer, avec les poissons. Une profondeur délivrée du langage que ce nouveau film, dès son titre. Est-ce parce que le monde est devenu indéchiffrable : « On va bientôt tous avoir besoin d’interprètes, ne serait-ce que pour se comprendre soi-même », entend-on. La fiction, comme d’habitude, est fragmentée en dizaines d’éclats, vermeils, orangés, bleus. Un couple se dispute non loin d’une « usine à gaz », un autre se constitue. On voit l’homme et la femme en tenues d’Adam et Eve, autour du lit, dans la salle de bains, face à une télévision. Godard les scrute in vivo, en train de s’aimer, de s’agiter, de s’affronter.

Guerre et paix, aversion et passion, à l’échelle du couple comme des nations. Godard trame des correspondances, associe des idées, comme d’habitude. Vite, très vite. N’est-il pas le cineaste de la vitesse au fond ? Après avoir murmuré «Les Apaches appellent le monde « la forêt »», il filme l’origine de ce monde, le sexe d’une femme.

On note un recours à une nudité du quotidien. D’où les animaux. L’un d’eux passe quasiment au premier plan : c’est Roxy, le chien de Godard, fauve et noir, filmé sous toutes les coutures, en train de gambader, de fureter, de dormir. Le film s’achève sur ses aboiements, aussitôt suivis de cris de bébés. Un autre langage est né, une autre vie. C’est le film de la relation sujet/objet, de la profondeur de champ, de l’homme et du chien, des hommes et des femmes, filmé et monté par un éternel expérimentateur, plus jeune que bien de jeunes cineastes.

Ce film forme un diptyque amusant avec l’autre film diffusé en 3D, le lendemain : La grotte des rêves perdus, realisé par un autre grand filmeur en pleine forme. Werner Herzog et Jean-Luc Godard ont fabriqué les deux plus grands films qui utilisent cette nouvelle technologie 3D, et de loin… Deux pépés de cinéma expérimentant avec espièglerie et intelligence ce dispositif par ailleurs très contestable…

JEUDI 3 JUILLET : « ICI BAS, LE PEUPLE, RECITS DE CEUX QU’ON N’ENTEND PAS ».

  • 9h : gymnastique pour filmeurs animée par David Legrand.

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10h : L’esprit des lieux 1 : projection Les Tourmentes (Pierre-Yves Vandeweerd, 2013, 1h17, France-Belgique).

Suivie d’une rencontre avec le réalisateur et l’anthropologue-poète Martin de la Soudière, auteur de « Poétique du village » .

“Entre appel de la fiction et documentaire poétique, les Tourmentes suit une transhumance en plein hiver, à travers la Lozère et le Gévaudan : est-elle réelle ou imaginaire ? Légendaire en tout cas, renouant avec l’immémorial et le mythe. Pour réaliser ce film, pendant trois ans, le cinéaste a composé lui-même son propre troupeau de moutons, apprenant à devenir berger. Le film croise cette traversée de paysages sublimés par la lumière et le grain de la pellicule avec le regard fixe de quelques égarés, ceux des esprits tourmentés de Saint-Alban” (PL).

“La tourmente est une tempête de neige qui désoriente et égare. Elle est aussi le nom donné à une mélancolie provoquée par la dureté et la longueur des hivers. Là où souffle la tourmente, des hommes érigèrent des clochers pour rappeler les égarés. Et des bergers, au gré de leurs transhumances, usèrent de leurs troupeaux pour invoquer des âmes perdues ou oubliées. Guidé par les sonnailles d’un troupeau et par les évocations des égarés, ce film est une traversée des tourmentes : celles des montagnes et de l’hiver, des corps et des âmes, celles qui nous révèlent que ce que la nature ne peut obtenir de notre raison, elle l’obtient de notre folie”. (Pierre-Yves Vandeweerd).

“Les tourmentes, sous des allures crépusculaires, est un film lumineux, traversé d’une pulsion de vie qui emprunte des chemins peu souvent parcourus. Cinéaste du lien et de l’invisible, Pierre-Yves Vandeweerd fait preuve, avec ce film, d’un talent rare, celui de nous mettre à l’épreuve d’un secret que l’on ne nomme pas, mais dont le cinéma peut parfois nous donner l’expérience, celui de notre appartenance et de notre dépendance aux êtres, aux lieux et aux choses qui nous constituent.” (Philippe Simon, in Cinergie).

Né en 1969, Pierre-Yves Vandeweerd a dirigé à Bruxelles le festival « Filmer à tout prix », dédié au cinéma documentaire ; depuis 2011, il collabore à la programmation des Etats généraux du documentaire de Lussas. À la fois poétiques, philosophiques et politiques, ses films sont autant d’essais mettant en lumière les mécanismes de l’oubli et de la disparition. Ils ont pour la plupart été tournés en Afrique : en Mauritanie, au Sahara occidental, au Soudan. Parmi ceux-ci : Closed District (2004), le Cercle des noyés (2007), les Dormants (2008), Territoire perdu (2011).

12h30 : Pause déjeuner libre.

14h – 18h : L’esprit des lieux 2 : Projection de La ligne de partage des eaux (Dominique Marchais, 2014, 1h48) suivie d’une rencontre avec le cinéaste.

Jamais film n’a été autant géographique. Et la belle idée, traduite en cinéma, est de considérer que le milieu naturel est autant construction humaine qu’environnement extérieur. La caméra, à fleur de la surface de l’eau, filmant un chemin puis un champ se retrouve soudain dans des réunions, des commissions… Le va-et-vient permanent entre parole des hommes et enregistrement du milieu naturel interroge nos représentations de l’espace, qu’il soit défini comme rural, sauvage ou urbain.

Et ce mouvement déjà symphonique et très beau suit un autre parcours, celui d’un cours d’eau, depuis sa source jusqu’à l’embouchure.

Dominique Marchais s’explique : “Filmer depuis la rivière comme possibilité de se désaxer complètement le point de vue. D’avoir un point de vue très différent sur l’espace. La rivière c’est le refoulé. Plus personne ne la perçoit. Les gens ne savent pas qu’ils appartiennent à un bassin versant ou s’il y a un confluent près de chez eux. La facilité qu’on a à franchir les cours d’eaux nous rend le réseau hydrographique complètement invisible. C’est pour ça que je voulais filmer depuis l’eau, précisément parce que les rivières méandrent. C’est vraiment une expérience de désorientation. Je pensais que ce serait profitable au film parce que je voulais qu’il soit désorientant par rapport à l’idée que l’on se fait du territoire et de son organisation. On est obligé de changer ses repères quand on est sur l’eau, parce que si on se pense par rapport à la route ou par rapport à un village on croit qu’on s’en approche et puis tout à coup on s’en éloigne. La rivière offre une autre logique d’avancement.”

“Du point de vue esthétique, le nouveau film est d’ailleurs moins sophistiqué que le précédent.

C’est que sa matière est plus complexe et demande une forme plus simple, un film dès lors plus âpre. Dans Le Temps des grâces, tout était doux. Même des pavillons on aurait pu dire : cette image évoque le travail d’un peintre paysagiste. NB : cela n’empêchait pas le film de dénoncer l’agression des terres par l’entreprise du bâtiment. La ligne de partage des eaux s’aventure à l’intérieur d’une géographie plus subtile. Le film se demande comment les décisions sur le territoire sont prises. Se demande surtout comment on peut filmer cela.

Du point de vue éthique, rien n’a changé. Dominique Marchais ne se laisse jamais emporter par un sentiment de mépris. Un contre-exemple. Lors d’une grande assemblée à Châteauroux, une jeune femme, experte en communication, employée par la mairie, défend le projet d’une grande zone d’activité à construire à l’extérieur de la ville. Elle tient alors un discours conforme au credo technocratique, sur le bienfaits de la modernité, qu’elle récite avec foi, mais sans enthousiasme.

On ne remontera pas davantage l’échelle du pouvoir. Tout comme la vie aquatique s’arrête lorsqu’elle trouve un barrage sur son chemin, Dominique Marchais ne remonte pas le fleuve du pouvoir jusqu’à sa source prétendue. On s’arrêtera à Châteauroux. À son maire, et surtout à cette experte en communication – laquelle est d’ailleurs moins un ministre qu’un servant docile de l’idéologie dominante, hélas formée dans les écoles de la République… Derrière sa messe, on entend l’expression de l’élite au pouvoir, en France et en Europe, un discours éminemment idéologique car il présente comme une nécessité divine ce qui en vrai n’est qu’un choix politique.

Inutile dès lors d’aller plus haut, à l’Elysée ou à Bruxelles. Déjà là, elle est bien visible, la ligne de partage entre la dictature et la démocratie ; tel un barrage, cette ligne sépare deux manières de vivre, de penser, d’exister politiquement. Le film n’a pas besoin d’aller plus loin pour montrer qu’on ne peut pas être des deux côtés à la fois.” (Eugenio Renzi)

19h : Repas chaud (sur réservation)

 

JEUDI 3 JUILLET, SOIR (à Laignes) : SE BATTRE

SE BATTRE                   20h30

Réalisé par Jean-Pierre Duret, Andréa Santana                                         Durée : 1h33

Nationalité : Français

Genre : Documentaire

Aujourd’hui, pour plus de 13 millions de Français, la vie se joue chaque mois à 50 euros près. Derrière ces statistiques, se livrent au quotidien des combats singuliers menés par des hommes et des femmes qui ont la rage de s’en sortir et les mots pour le dire. À leurs côtés, des bénévoles se donnent sans compter pour faire exister un monde plus solidaire.

 

JEUDI 3 JUILLET, SOIR : LAIGNES HORS LES MURS (à Châtillon-sur-Seine, cinéma « Le SELECT »)

Projection publique et gratuite :

LA GROTTE DES RÊVES PERDUS (en 3D, 1h30) de Werner Herzog

Mystère, et sans doute le plus épatant de tous, que la manière dont Herzog transforme cette passionnante exploration pédagogique en une sorte de transe méditative ouverte sur la singularité originelle de notre espèce, seule pour une raison qu’on ignore à représenter le monde qui l’entoure.

Découverte en 1994 par les spéléologues, Jean-Marie Chauvet et Christian Hillaire , la grotte doit la remarquable préservation de ses trésors à l’effondrement du plafond de son entrée, il y a vingt mille ans. Son accès est depuis lors restreint à des missions scientifiques triées sur le volet, dont les experts sont régulièrement sollicités par le réalisateur. Témoignages passionnants, qui n’échappent pas toujours aux pointes d’humour du cinéaste, désireux de marquer la limite de la raison scientifique, telle cette démonstration calamiteuse du lancement de javelot paléolithique par un expert sympathique mais petit bras. On découvre surtout, grâce à la caméra de Herzog, l’intérieur de ce sanctuaire interdit, à la beauté minérale, au parois ornées d’un riche bestiaire (une quinzaine d’espèces représentées). Les peintures reproduisent des scènes de chasse, de lutte, d’accouplement, qui semblent captées sur le vif, et témoignent d’une technique élaborée, qui joue de l’alliance entre le trait et la surface, avec des effets saisissants de perspective, de mouvement, de relief. Le cinéaste s’y attarde longuement, silencieusement, presque religieusement. Il les filme de surcroît en 3D, dont l’usage au cinéma, eu égard à la multiplication récente des navets tridimensionnels, n’aura jamais été plus justifié, esthétiquement et conceptuellement. Ce film magnifique invite les vivants que nous sommes à éprouver ce que les premiers morts de notre espèce ont voulu nous transmettre. Il permet aussi de comprendre que le plus profond témoignage de la conscience qu’a l’homme de sa présence énigmatique au monde passe par la création. Herzog, cinéaste mediumnique qui reconduit l’inquiétude de ces pionniers de l’image en mouvement, trouve là une définition de l’art à sa mesure. (Jacques Mandelbaum)

VENDREDI 4 JUILLET, MATIN : ATELIERS

  • 9h00  : gymnastique pour filmeurs animée par David Legrand.
  • 10h : Atelier cinéma en chantier : filmer l’intime.

Projection de « Paul et Virginie » (Paul Cartron, Belgique, 2014, 16′, film de fin d’études de l’IAD)

Par une sorte de métonymie cinématographique, Paul Cartron nous livre toute une histoire, toute une enfance.

On suit Paul, le gamin et Virginie, la mère dans une petite tranche de leur vie foireuse.

Virginie n’est pas une bonne mère, elle est pétrie de problèmes qu’elle fait rejaillir sur son fils qui fait tout son possible pour ramer plus vite que le courant.

Et pourtant, il est petit encore. Dix ans, peut-être. La tension est immense, surtout parce qu’on ne tombe jamais dans un quelconque manichéisme.

Virginie est parfois infecte mais elle aime son fils, elle sait qu’elle fait mal les choses, elle essaye de s’excuser.

Les acteurs, le fils comme la mère, sont excellemment dirigés ; le regard de cette mère est glaçant.

Paul Cartron arrive vraiment à montrer son aspect prédateur malgré elle ; ou comment la violence s’insinue même quand on le veut pas, même quand on aurait voulu mieux faire.

Evidemment ça traite de la dureté de certains parents envers leurs enfants. Jouets à disposition qu’ils ont mis au monde pour mieux déverser leurs frustrations et leur amertume.

Parfois c’est léger et subtil, simple manipulation affective, simple mépris quotidien. Parfois c’est grave, on en connaît des histoires, pas la peine de les détailler.

Alors qu’il s’agit d’une histoire tirée de son enfance (on prend une claque quand il dédie le film à sa mère Virginie à la fin), Paul Cartron arrive à faire preuve d’un grand recul et finalement d’une grande indulgence face à cette mère indigne.

C’est probablement dans le pardon qu’on trouve la paix. (Marie They)

Projection de :

Juste avant (titre provisoire) (Yvan Petit, France, 50’, 2014, film-journal en version provisoire)

Après deux ans d’attente, Yvan Petit, boutefeu du collectif tourangeau Sans canal fixe, accepte enfin de présenter une version condensée du journal intime qu’il filme depuis sept ans avec ses téléphones portables successifs. On lira ci-dessous les notes qu’il nous envoie.

“Autoportrait d’un cinéaste de province au bord de la crise de la quarantaine qui tombe amoureux et qui tente de réaliser un film sur son père. Une crise qui va se manifester par un brusque besoin de retrouver un geste artisanal, une pratique archaïque du cinéma : filmer comme un dernier geste enfantin.

Juste avant est un film-journal tourné entre janvier 2007 et septembre 2012 avec des téléphones portables hélas de plus en plus perfectionnés, de la texture impressionniste des débuts à la redoutable netteté en haute définition du dénouement.

Au départ, j’avais conçu ce film comme un triptyque, chaque épisode couvrant deux années. À ce jour, je n’ai montré que le premier, Dialing diary, au festival de Lussas notamment. Car le deuxième volet, les Normales de saison, n’a jamais fonctionné, ni par rapport au précédent ni par rapport à un troisième épisode que j’avais commencé à tourner. Il me fallait repenser la structure et la narration, abandonner mon projet initial d’un triptyque au profit d’un film unique.

Aujourd’hui, sept ans après, je souhaite repartir de ce qui a été construit dans la naïveté, les fragilités et les intuitions des premiers plans. Je désire notamment ramener la durée de l’ensemble à une heure environ : une forme sèche, sans temps morts, privilégiant une forme texto plutôt qu’un récit au long cours. Un film en trois périodes de deux ans correspondant chacune à trois qualités d’images très différentes, chaque téléphone utilisé ayant cessé de fonctionner après deux ans de tournage.

Ce que j’ose enfin présenter à Laignes est une maquette de 50’ constituée d’un remontage des deux premiers épisodes achevés et d’un premier montage de la dernière partie intitulée les Vents contraires”.

  • 13h : Pause déjeuner libre.

 

  • 14h30-18h30 : Rencontre avec Jean-Pierre Duret et Andrea Santana autour de Se battre.

  • « Il n’est pas indifférent d’apprendre qu’outre son activité de cinéaste – menée en duo avec Andrea Santana, sa compagne brésilienne, architecte et urbaniste de formation -, Jean-Pierre Duret exerce le métier d’ingénieur du son, offrant une rigueur (qu’en ce domaine, tous lui reconnaissent) aux Dardenne et aux Straub notamment, autres célèbres couples de cinéma. Filmer la parole du peuple, des humiliés comme des exclus, rendre audible leur existence et bien sûr visible leur résistance dans les replis d’un monde saturé d’images et de sons, m’a toujours semblé le fil rouge d’une filmographie aussi rare que précieuse (5 films en 28 ans) dont les humbles et les pauvres constituent moins le sujet que leur permanente dignité le seul véritable projet. Car d’un film à l’autre, la réalité présentée serait-elle le dénuement le plus extrême, ce que l’on voit, c’est qu’il s’agit toujours de prendre soin : d’un lopin de terre, de la compagnie des animaux, de la peau du plus faible, du sort de ses semblables, du peu qu’il leur reste, bref de ce que l’on nomme une morale. A ceux qu’ils filment, seraient-ils au bout du rouleau et sans domicile fixe, Duret et Santana proposent toujours d’avoir le dernier mot, incarné dans leur chair et nourri de la sève du moindre de leurs gestes. En termes de cinéma, cela s’appelle ne pas en rester là, assourdis par les seuls bons becs des experts, au stade du regard apitoyé ou du constat : autrement dit, changer la donne, renverser la vapeur, demeurer dignes, se battre » (Patrick Leboutte).

  • A propos de « Se battre »  (Jean-Pierre Duret et Andrea Santana, France, 2013, 93’) projeté la veille :

    Certains films ont, plus que d’autres, capacité à faire image. Il n’est pas facile de dire exactement il d’une manière de sentir les choses, de poser le doigt sur un problème, et de les restituer, surtout, avec la justesse, l’émotion, la persuasion voulues. Ces films, fictions ou documentaires, sont comme des photographies qui suspendent, à un moment donné, le mouvement perpétuel des choses, et nous demandent, instamment, de regarder la raison qui les Pierre Duret et Andrea Santana, c’est qu’il nous demande de regarder une certaine photo de la France, une de celles qu’on met généralement à la fin de l’album, parce qu’elles dévoilent une réalité que l’on n’expose pas volontiers. Ce qu’ont su capter ici les réalisateurs ne tolère plus, pourtant, d’être caché, nié, Jacques Mandelbaum)

    Projection de :

  • Un beau jardin, par exemple (Jean-Pierre Duret, France, 1986, 55’)

  • JPDuret

  • Jean et Thérèse Duret sont des petits paysans savoyards. Dans la ferme familiale où ils ont trimé toute leur vie, ils continuent de travailler la terre obstinément alors même que tout ce qui constituait leur univers disparaît sous leurs yeux. Hommage d’un fils cinéaste à ses parents.

    “ Des paysans de Savoie, sept hectares et six enfants. Un hasard de rencontres a embarqué le cinquième de la fratrie Duret des plateaux savoyards aux plateaux de cinéma. Il y tient la perche avant d’être ingénieur du son sur des tournages aussi intenses que ceux des Dardenne, de Pialat, de Straub et Huillet… Un parcours qui a cependant moins l’allure d’une ascension que d’une boucle : aller voir le monde pour, en revenant, mieux regarder son village.

    Le documentaire qu’il a réalisé sur ses parents raconte les vaches douces à traire, les chambres glacées le matin, la cave à vin des hommes. Il montre les mains noueuses du père qui gratte la terre autour des légumes, ses yeux clairs, ce visage sec qu’il a transmis à son fils.

    Jean-Pierre Duret aujourd’hui a presque le même âge que la vigne familiale : “ Je sais que là je suis chez moi ». Sa vie est faite de hasards, mais aussi d’une nécessité transmise par le père. Celle d’être un bon artisan, au service de l’art” (Annick Peigné-July, in Libération, 29 janvier 2003).

 

Projection du court-métrage :

Les Visites de Clément Abbey. (Belgique, 2014, 40’)

Clément Abbey

                                                                                                       Clément Abbey

 

  • “Ce film nous plonge au coeur de l’intimité des patients de Geneviève, un médecin de campagne dans les Ardennes belges que l’on retrouve tantôt dans le salon ou dans la cuisine de ses malades, tantôt dans des cliniques froides où elle tente de leur parler, de les faire parler.

    Le film est simple et épuré. Le rythme est lent comme la vieillesse à laquelle Geneviève est confrontée tous les jours. Ces vieux en ont marre de vivre, leurs enfants ont du mal à communiquer avec eux, ils sont parfois gênés, ils leur parlent comme à des gosses.

    Au début, elle agace un peu, Geneviève, moi en tout cas, qui n’aime pas trop les médecins et leur voix parfois doucereuse et hypocrite. Mais on voit vite que sa voix est juste, douce et réellement empathique. Ca n’est pas du cinéma ! Geneviève est généraliste, mais finalement elle se retrouve psy, conseillère, amie. Elle tutoie tout le monde, elle vient soigner la mère et écoute les problèmes d’amour de la fille. Elle amène une tarte à une vieille qui pourrait être sa mère, sa tante, sa voisine.

    Elle parle de la mort simplement, sans peur, sans crainte d’évoquer la fin, même choisie, surtout choisie.

    Clément Abbey la filme elle et ses patients avec beaucoup de pudeur et de bienveillance. Il l’aime, mais comment ne pas l’aimer, cette femme ?” (Marie They, texte écrit pour les Rencontres de Laignes).

     

    • 19h30 : Repas chaud (sur réservation)

     

 

VENDREDI 4 JUILLET, 21H : GHEERBRANT.

Avant-première de « On a grévé » (Denis Gheerbrant, 2014, 70’) suivie d’une rencontre avec le cinéaste.

Denis Gheerbrant

Denis Gheerbrant

À vingt minutes des Champs Élysées, les femmes de chambre d’un hôtel Première Classe, étrangères pour la plupart illettrées, font grève pour la première fois. Chez Denis Gheerbrant, qui possède une qualité d’écoute hors-pair, les mots ont toute leur importance parce qu’ils participent des actes : “Première Classe” quand on paie illégalement les employées à la tâche et non à l’heure…

L’expression appelle presque un film pour dégonfler l’arrogance d’un énorme groupe hôtelier “exploitateur” (le mot revient plusieurs fois, et son impropriété sonne juste). L’autre fait linguistique qui capte son attention, presque au terme du combat, est le passage du substantif “grève” au verbe “grèver” dans la bouche d’une travailleuse fière d’avoir pour la première fois défendu ses droits. Même quand elles répondent aux questions du cinéaste, les employées le font en pleine action, en une énergie communicative qui semble redoubler l’endurance le filmeur.

Quand on comprend qu’elles sont aidées dans leur lutte par un syndicaliste affilié à la CGT et manifestement aguerri, on craint un moment un tournant du récit, comme si la spontanéité de ces “primo-grévistes” pouvait être manipulée. En fait c’est à l’histoire d’un apprentissage, d’une initiation à la chose politique, que s’intéresse le cinéaste. (Charlotte Garson)

SAMEDI 5 JUILLET : DES HISTOIRES DU CINEMA

9h : Gymnastique pour filmeurs, animée par David Legrand.

10h : Rencontre avec Denis Gheerbrant.

11h30 : Projection de Être vivant (Emmanuel Gras, 2014, 17′)

Une voix masculine décrit avec une précision impitoyable le parcours physique et mental des premiers jours dans la rue d’un sans-abri. Derrière la dureté des mots, on devine l’empathie de celui qui est déjà passé par là. À l’image, les rues de Paris, les passants, les bancs, les recoins sombres où l’on pourrait peut-être s’abriter et se réchauffer, le temps d’une nuit. Il s’agit d’un film qui fera ressentir avec force la chute d’un homme, un film qui touche le spectateur aux tripes.

12h : Pause déjeuner libre.

14h : Des histoires du cinéma avec David Legrand, Alain et Wasthie Comte.

Comment le cinéma filme-t-il sa propre histoire ? Que transmet-il de lui-même ? Quelles généalogies met-il en avant, quelles filiations ? Un retour aux sources du septième art beaucoup moins sérieux qu’il n’y paraît. Avec David Legrand, Alain et Wasthie Comte, André S. Labarthe.

La fabrique de l’acteur excentrique, un drôle d’après-midi proposé par David Legrand.

David Legrand est un agitateur. Ayant grandi entre une école d’art expérimentale et un festival de cinéma indépendant à Châteauroux, il a choisi de devenir un comédien du grotesque, bousculant depuis vingt ans les idées et les pratiques collectives, perturbant les écoles et les règles trop établies, réactivant la fraîcheur et les pratiques insurrectionnelles dans la tradition des avant-gardes.

Son engagement physique est total, que ce soit comme acteur inspiré de performances actionnelles ou comme instigateur d’expérimentations filmiques hors champs. Manque de bol, cette année, c’est pour notre pomme. Débarquant de son laboratoire berrichon, entre invention excentrique de la vie et Histoire(s) du cinéma, il nous propose une séance expérimentale d’exploration de la démence d’exister où se succéderont imitations poétiques, films de faussaires bien intentionnés, journal de tournage de cinéastes travestis, essais de films où vivre et raconter finalement ne font qu’un. Effectivement, ce programme est inquiétant, et plus encore quand il nous en livre le détail :

1. Les excentriques du cinéma français.

Introduction et chanson de Jean-Luc Godard. Vive le naturalisme !

Projection des “Répliqûres” (Michel Aubry, Marc Guérini, David Legrand, 2001-2003, 37’)

Reproductions d’art cinématographique d’après Christian Jacques, Jean Renoir, Henri-Georges Clouzot, Jean Grémillon.

2. Retour sur la gymnastique du filmeur en compagnie d’un clown métaphysique des années 20.

3. Présentation par Jean-Luc Godard du film de David Legrand, “Reconstitution filmique d’un cours humaniste du 16ème siècle” (France, 2011, 29’).

4. Expérience et artisanat numérique.

Essai de projection du journal du tournage de Roland Barthes et Marguerite Duras

(dialogue fictif n°7 de la galerie du cartable, autoproduction de 2007 tournée en Super 8 entouré de téléphones portables, vidéos numériques avec Joseph Morder, Olivier Robin et Alain Cavalier). Montré à l’état de rushes bruts avec la voix off réalisée en direct, en hommage à Jean Rouch, accompagnée de quelques éléments musicaux. Vivre et raconter.

5. “Profanation des dispositifs”, un film de lutte métaphysique coréalisé avec Philippe Zunino (France, 2013, 26’).

6. Ne pas exclure quelques surprises.

Projection-rencontre avec Alain et Wasthie Comte

“Depuis 14 ans, ce couple d’artistes minimalistes et décalés réalise chaque été un micro-film en pédalo, sur le même plan d’eau, à la Chaise-dieu, variations autour de l’idée d’une riposte improvisée, immédiate et burlesque à l’actualité comme aux impostures dominantes. Sérialité engagée, comique de répétition, on regarde ces « Pédalogues », sobrement numérotés de 1 à 13, comme autant d’épisodes d’un feuilleton au final plus sérieux qu’il n’y paraît. Le pédalo comme lieu d’une extraterritorialité de la parole, comme le lieu même du dérisoire. Une projection-rencontre autour de trois numéros de la série et d’un émouvant hommage au passage amoureux du cinéma entre les générations, « Stromboli in cornice, triptyque volcanique » (2004-2011, 17’45).

Séance animée par Patrick Leboutte et David Legrand”.

 

 

19h30 : Repas chaud (sur réservation)

21h : Projection de :

Cinéma de notre temps : Nanni Moretti (André S. Labarthe, France, 1990, 60’) en présence d’André S. Labarthe

 

Entretien avec Nanni Moretti en Sicile, sur les lieux de tournage de Palombella Rossa, puis à Rome dans sa salle de montage.

 

 

DIMANCHE 6 JUILLET

9h : gymnastique pour filmeurs, animée par David Legrand.

10h : Rencontre avec André S. Labarthe.

Il est l’homme qui a vu les ours, de Bunuel, Ford, Renoir, Lang, Von Stroheim, Bresson, Godard à Kiarostami, Moretti, Lynch, Cronenberg, Hou Hsiao-Hsien, Ferrara, qui a su dénicher leurs tanières, les approcher, se faire accepter pour finalement devenir l’un des leurs. Avec la série Cinéastes de notre temps (puis Cinéma, de notre temps) André S.Labarthe a sans doute réalisé la plus belle mémoire du cinéma: près d’une centaine de portraits de cinéastes de 1964 à aujourd’hui.

D’abord critique aux Cahiers du cinéma dans les années 50, il est très sensible au virage moderne que prend le cinéma 10 ans plus tard et défend corps et âmes les films d’Antonioni alors très décriés. Membre discret et secret de la Nouvelle Vague, en marge de la marge, Labarthe est un esprit solitaire en perpétuelle ouverture sur le monde, associant librement le cinéma à la psychanalyse, au surréalisme, à la danse, à la littérature, à l’érotisme.

12h : Pause déjeuner libre.

Après-midi libre :

 

Participation libre au vide-grenier de l’ASCLE à Laignes

videgrenier

et à la fête du lac de Marcenay (marché bio de « Bien vivre à la campagne)

Bienvivre

  • 16h : Atelier cinéma en chantier.

  • Projection de « De la rage » (Margo Fruitier, Belgique, 2014, 21′)

Raph se débat avec la féminité, avec le regard des hommes.

Elle veut plaire, c’est pour ça qu’une femme est dressée après tout, non ?

On lui mate le cul dans la rue, c’est normal, c’est une femme, elle est maquillée et elle se fait les ongles.

Le viol est parfois plus subtil qu’on ne le pense, parfois un regard, une pensée, une réflexion, et c’est l’infériorité supposée des femmes qui resurgit.

C’est remettre quelqu’un à la place sociale qu’on lui a assignée à la naissance de manière violente. On craint au début assister à un énième film sur le mal être d’un individu ou sur les petites disputes de couple avec engueulade pseudo dramatique à la clé (en mode film français post Nouvelle Vague).

Mais il y a un retournement assez rapide et on passe dans une grande douceur. On filme près des corps, de la peau, l’actrice est belle et ses petites dents de travers qui apparaissent quand elle fourre le boudin dans la cuisine de sa grand-mère feraient craquer n’importe qui de normalement constitué. C’est organique, c’est sensuel.

Justement, la question centrale finalement c’est le difficile accès à la sensualité de Raph et l’immense crispation qui en résulte et se mue en rage.

Rage de ne pouvoir se relâcher, être honnête. Impossibilité de pouvoir se confier à son homme sur une chose aussi simple que le plaisir sexuel.

Combien d’entre nous ont vécu cette situation ? Je ne connais quasiment aucune femme qui n’ait jamais fait semblant, qui n’ait jamais simulé, parfois pendant longtemps, parfois pour toute une vie.

Comment trouver la confiance nécessaire pour se laisser aller à la féminité ? Il est rare de voir un film qui parle de sujets liés à la féminité sans tomber dans des clichés effarants. Margo Fruitier montre une femme qui pour une fois n’est ni une victime, ni une sainte, ni une pute. (Marie They)

  • Projection de « Piece of Meat » (Camille Rousseau, Belgique, 2014, 16′).

“Ancien champion sur le déclin, un vieux boxeur usé et sans le sou se voit obligé d’accepter le combat de trop, non pas celui de la gloire, mais de la survie. Ainsi, le temps d’une soirée, il livrera cette ultime bataille face à la jeunesse vaillante, infatigable, invincible; cette jeunesse qu’il a lui-même perdue durant toutes ces années de luttes interminables. A l’issue de cet affrontement, il ne sera pas le seul à sortir vaincu”.

 

  • 17h30 : Clôture des Rencontres: Projection de

  • 300 HOMMES                  (en avant première)        et en présence du réalisateur

                                       

    Réalisé par Aline Dalbis, Emmanuel Gras                              Durée : 1h22

    Nationalité : Français

    Genre : Documentaire

    Entre ces murs, il y a 300 hommes, il y a l’urgence. Ils ont des noms mais ils ont perdu leur histoire en route. Ils rient et se confrontent, ils refont le monde, celui qu’ils ont perdu. Ils ont un lit.  Là ils attendront le jour. C’est Forbin, la nuit à Marseille. 

“Évitant le piège du regard voilé par l’empathie, Aline Dalbis et Emmanuel Gras montrent âprement la violence qui se nourrit de la misère et qui redouble la difficulté de maintenir à flot un tel lieu de dernier secours. Ils se placent en tant qu’humains filmant d’autres humains, à la même hauteur. Et leur film se grandit en épousant aussi bien la géographie du lieu que le rythme agité des événements qui s’y déroulent. Les moments de répit où l’on reprend son souffle et ses esprits, et les avis de tempêtes que l’on endure dans un état d’immersion tel que l’on est toujours surpris d’en ressortir vivant.”(Erwan Desbois, avril 2014)

  • 19h00 Projection des films réalisés dans la semaine en soirée de clôture.

  • 20h30 : Repas chaud (sur réservation)

  • 22h : Concert de Tarentelle et pizzica sur la place du village avec le groupe Telamure

     

 

concert Molo Sayat

Trois musiciens de l’Italie du Sud, trois spécialistes de la tarantella qui ramènent dans leurs spectacles les ambiances, la spontanéité, l’ivresse des fêtes populaires de leurs terres.

Après avoir vécu différentes expériences artistiques en Italie et ailleurs, Francesco Rosa, Giovanni Semeraro et Francesco Semeraro se rencontrent à Paris : c’est ici qu’il se retrouvent, d’une façon très naturelle, à mélanger leurs histoires, leurs chansons et leurs instruments, et à partager ce très riche répertoire de chants, de musiques et de danses originaires de leurs régions.

Loin du concept de musique folklorique, leur répertoire ne comprend pas de morceaux déjà repris et divulgués par d’autres groupes, mais il se compose presque exclusivement de musiques, chants ou mélodies qu’ils ont eu la possibilité d’apprendre de première main, et spécialement dans leurs villages et dans leurs propres familles. Le répertoire traditionnel s’enrichie naturellement de la créativité et des expériences des musiciens, qui le colorent avec leurs différentes personnalités et leurs nombreux instruments. Leur capacité d’improviser sur scène, et de s’adapter aux différentes exigences artistiques qui peuvent s’imposer (situation acoustiques, déambulations, petite et grandes scènes amplifiées, présence ou moins de danseurs) leur permet de proposer un spectacle toujours original, composé d’un vaste choix de chansons de fête et de sérénades, de chants à cappella et de musiques à danser.

 

 

 
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