Vente du lac de Marcenay : La responsabilité des élus devant l’histoire de leur région

•29 avril 2016 • 3 commentaires

Les élus du haut châtillonnais, sous la pression de M. Brigand Maire de Châtillon et de M. Antoni Maire de Laignes, ont décidé de se débarrasser du plus beau fleuron du tourisme et de la nature de leur région.

Il y a plus de cinquante ans, déjà, des élus sans ambition et sans vision de leur territoire (dont on a oublié les noms d’ailleurs) avaient déjà laissé partir cette merveille au privé. Les anciens se rappellent encore des grillages de deux mètres de haut qui, à la suite de cette décision funeste, se sont élevés tout autour du lac, interdisant tout accès à une population désabusée qui n’a pas tardé à réagir.

Trente hectares de roselière qui abritent un grand nombre d'oiseaux, répertoriés par la LPO, dont certains uniques dans la région

Trente hectares de roselière qui abritent un grand nombre d’oiseaux, répertoriés par la LPO, dont certains uniques dans la région

Heureusement, deux élus Michel Sordel Maire de Châtillon et Emile Lepitre Maire de Laignes qui eux, avaient une haute ambition pour leur région et une conscience de ses potentiels, ont pris les choses en main.

Ce ne fut pas facile, mais ils surent mobiliser 13 autres maires (sur plus de 50 sollicités !) pour créer le syndicat du lac et trouver les moyens de financer le rachat du lac et supprimer le grillage en réaménageant les abords.

Leurs héritiers, Michel Serex, maire de Chatillon et Jean-Pierre Recq, dans la même lignée et avec la même ambition ont développé les activités, services et attractions autour du domaine : réhabilitation du camping, réalisation de l’assainissement (à l’époque, les élus de Marcenay n’ont pas su saisir l’opportunité qui leur était offerte à très bas coup, d’équiper toute la commune dans la foulée, leurs héritiers en supportent aujourd’hui gravement les conséquences…), plantation de la forêt des Japonais, aménagement de l’aire de picnic et de sentiers de randonnée…

L'observatoire des oiseaux, qui permet sans les déranger, d'observer les espèces rares...

L’observatoire des oiseaux, qui permet sans les déranger, d’observer les espèces rares…

C’est dans cet élan positif que j’ai trouvé le Syndicat dont j’ai pris la présidence en 1995. Avec très peu de moyens (les cotisations des communes sont restées très basses pendant mes deux mandats et ont même diminué pour beaucoup de communes) mais avec beaucoup de subventions et de soutiens extérieurs, nous avons réussi à mettre en lumière le sentier de la digue, créer l’observatoire des oiseaux, faire accéder le camping au classement trois étoiles, acheter le camping de Mussy, aménager la baignade et la mettre aux normes avec surveillant pendant les deux mois d’été, aménager la halle à charbon et ouvrir la maison du terroir, supprimer les algues grâce à l’introduction de carpes chinoises, permettre l’organisation de sessions de pêche « no kill » de carpes de nuit, lancer l’aménagement foncier qui a permis de récupérer la propriété du sentier du tour du lac et de créer le bassin de décantation protégeant le plan d’eau de l’envasement…

De par les freins de certains élus au sein du syndicat, tout n’a pas toujours été facile, et Jean-Pierre Recq par exemple, n’a pu mener au bout son beau projet de musée de la sidérurgie et de la nature, il en reste cependant le haut fourneau rénové et la collection d’oiseaux dont le musée du Chatillonnais est aujourd’hui l’heureux bénéficiaire.

De même, quelques années plus tard, je n’ai pu faire aboutir l’ambitieux projet de centre d’accueil sur les énergies renouvelables pourtant parfaitement au goût du jour (peut-être à l’époque, un peu trop en avance…)

Au niveau de la pêche, mes prédécesseurs avaient négocié un contrat gagnant-gagnant avec la fédération départementale de la pêche et son excellent président M. Viard. Le lac est en effet d’une productivité miraculeuse (du niveau des lacs Irlandais!) et tous les deux ans la fédération, grâce à sa pêche de fond, récoltait des tonnes de poisson de qualité. En échange, elle versait un petit loyer et entretenait les berges et la roselière. Les pêcheurs locaux avaient également un accès privilégié à ce prolifique plan d’eau.

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L’un des trois plus grands lacs de Côte d’Or, à la qualité piscicole incroyable, unique dans la région

Le départ de M. Viard a entraîné un changement de politique de la fédération et son successeur a voulu faire une belle opération financière sur le dos du syndicat. Les conséquences ont été très dommageables : dernière pêche de fond bâclée (vidange précipitée entraînant un envasement, pas de réempoissonnement entraînant la basification du pH des eaux et la prolifération des algues, pas de nettoyage de la pêcherie, remise en eau avant entretien des digues…) arrêt de l’entretien des berges et de la roselière, rupture du bail, classement en eau libre (faisant baisser de moitié de la valeur de l’équipement pour le propriétaire…)

Au niveau du camping, la pression permanente de la ville de Châtillon, nous a amené à vendre le vendre. Heureusement, c’est Dirk Janssen qui a emporté l’offre et son implication dans la vie de la région est très positive et l’équipement (contrairement à la première expérience de privatisation à l’époque de M. Recq) ne s’est pas dévalorisé.

C’est ainsi, que lorsque j’ai laissé la présidence du Syndicat en 2008, mes successeurs ont trouvé une collectivité dont toutes les dettes étaient remboursées et qui possédait un matelas financier de près de 200 000 € de réserves.

Un bassin de décantation pour arrêter l'envasement

Un bassin de décantation pour arrêter l’envasement

Que s’est-il passé depuis ? Chatillon a demandé de se débarrasser du lac sinon, il quittait le syndicat. Laignes dans le sillon, a demandé également à quitter le syndicat, et en plus a arrêté de payer ses cotisations pour le mettre en difficultés.

Seul contre tous, Louis Marcel Terrillon malgré l’opposition très forte de la fédération de pêche de M. Gruer, a tenté sans succès de réobtenir le classement du plan d’eau en eau close pour redonner une valeur à l’équipement et éviter que la fédération ne le récupère à vil prix.

Entre temps, le syndicat avait du mal à entretenir l’équipement et la baignade était supprimée.

Au mandat suivant, Yves Simon, président du syndicat et Agnès Rothe, Maire de Marcenay, obligés de céder aux pressions, ont fini par accepter la vente, mais leur bonne vision de l’avenir leur a permis de trouver le meilleur acheteur possible : le conservatoire des sites naturels. C’est une garantie de maintenir le site dans sa qualité environnementale. Son association avec la nouvelle fédération de pêche de mon ami Sonvico, nouveau président (C’est un collègue, il était à l’Ecole Normale d’instituteurs de Dijon en même temps que moi…) est un gage de développement de la qualité piscicole du lac (je prends le pari que le lac, désormais, ne tardera pas à retrouver son classement en eau close, trop tard malheureusement pour que le syndicat et les communes bénéficient de sa revalorisation qui profitera à ses acheteurs…), c’est aussi une garantie que le site restera accessible gratuitement au public.

un plan d'eau pour lequel nous avons obtenu le classement en ZNIEFF (Zone Naturelle d'Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique)

un plan d’eau pour lequel nous avons obtenu le classement en ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Floristique et Faunistique)

Les dégâts ont été limités, il n’en reste pas moins que je regrette amèrement que les élus responsables actuels n’aient pas pris la mesure de la richesse de cet équipement et n’aient pas eu la moindre ambition pour en faire le fleuron de leur territoire. De façon très injuste, eux qui n’ont pas voulu mettre le moindre centime pour le développer, vont toucher une grosse somme d’argent (plus de 500 000 euros) que leurs prédécesseurs se sont évertués à gagner et faire fructifier.

Nul doute que l’histoire locale, comme pour les premiers vendeurs, il y a plus de 50 ans, ne retiendra pas leurs noms…

Rencontres de Laignes : Un article intéressant

•1 janvier 2016 • Laisser un commentaire
En attendant un compte rendu illustré de ces 4 magnifiques journées, je publie la copie d’un article de François Hien, l’un des participants à ces rencontres, article qu’il a publié dans l’excellent site « causeur.fr » :

L’avant-garde ou le commun

Deux documentaires offrent deux visions opposées de la gauche

Auteur

François Hien
est réalisateur de documentaire. Il vient d’achever l’écriture d’un premier roman et prépare un travail universitaire sur René Girard.

Publié le 06 décembre 2015 à 12:00 / Culture Politique

Mots-clés : , , , , , ,

documentaire gauche

Les Rencontres de Laignes sont un petit festival de documentaire créé entre autres par le critique Patrick Leboutte, et tenu cette année à bout de bras par l’admirable Jean-Paul Noret, ancien maire du village de Laignes en Côte-d’Or, retraité de l’enseignement devenu l’exploitant d’un réseau de salles de cinéma en milieu rural. Entre autres, deux documentaires « engagés » nous ont été projetés pendant ces Rencontres, et leur accolement avait l’avantage de nous faire voir les contrastes entre deux gauches militantes, deux rapports au peuple et à l’histoire, deux types de sensibilité aux questions contemporaines.

Il s’agissait des films Même pas peur – réalisé par Ana Dumitrescu et sorti dans toute la France le 7 octobre dernier – et de La seconde fugue d’Arthur Rimbaud, de Patrick Taliercio, qui n’a pour l’instant pas de date de sortie (On peut toutefois en découvrir une bande-annonce sur ce site consacré au film).

Même pas peur est un film que sa réalisatrice a commencé le 12 janvier dernier, au lendemain de la grande « marche républicaine ». Elle s’intéresse non pas tant aux attentats eux-mêmes qu’aux circonstances qui les ont permis, et à la réaction qui les a suivis : réaction de peur et de rejet de l’autre, selon la réalisatrice et les intervenants qu’elle a filmés.

La seconde fugue d’Arthur Rimbaud est une promenade mélancolique le long de la Meuse, sur le parcours qu’a suivi le poète quand, à seize ans, juste après la défaite de Sedan, il a fui Charleville pour se diriger vers Charleroi. Pendant son trajet, le réalisateur Patrick Taliercio dresse le portrait d’une vallée en voie de désindustrialisation totale, et que des édiles dépassés tentent de redynamiser en montant d’absurdes projets de rénovation urbaine ou de centres commerciaux.

Même pas peur est un défilé d’opinions péremptoires énoncées sans nuance par des intervenants à peu près tous d’accord entre eux sur les questions à propos desquelles on les sollicite : le terrorisme est un produit dérivé du colonialisme français ; la délinquance est un résultat des contrôles au faciès, qui enragent les jeunes, et de la prison, qui achève de les radicaliser. « L’identité française n’existe pas » assène violemment un Alain Touraine remonté, et toute volonté intégrative ou normative émanant de la société dite « de souche » doit être considérée comme du racisme ; en revanche, le film montre de jeunes musulmanes voilées qui font de leur repli religieux un signe de résistance individuelle au fascisme d’Etat. Evidemment, l’islamisme mondialisé, la tentation djihadiste, la position pour le moins ambiguë d’un grand nombre de musulmans que la presse dit « modérés » sans rien en connaître, ne sont pas évoqués dans le film. Ana Dumitrescu a résolument choisi son ennemi et tait toutes les questions délicates, de peur de fragiliser son message.

La seconde fugue d’Arthur Rimbaud traverse des villes sinistrées, où des patrons firent construire des tours au milieu des collines pour y loger leurs employés ; les usines ont fermé, les ouvriers sont restés. En suivant les sentiers qu’a empruntés Rimbaud, Taliercio s’interroge sur le monde finissant dont le poète décrivait les prémisses. Rimbaud nous est proche, dit-il, par l’obscurité des périodes de transition. Taliercio filme des coins de cette France périphérique qui fournit au Front national ses bataillons les plus nombreux ; il y réintroduit une profondeur historique et un goût des autres que le film Même pas peur professe comme un catéchisme sans jamais l’appliquer. Les visages que nous fait découvrir Taliercio sont déconcertants d’exotisme ; ce sont littéralement les « sans-dent » que moquait notre président. Taliercio filme la population d’origine immigrée de la vallée de la Meuse et les ouvriers en grève des usines, sans avoir l’idée de dresser les uns contre les autres, sans leur demander ce qu’ils votent.

Si l’on ne parle que de cinéma, le film de Taliercio est un bijou de grâce et de beauté quand celui de Dumitrescu est un indigeste pensum aussi mal monté que filmé. Mais c’est surtout leur dimension idéologique qu’il est intéressant d’opposer. Même pas peur est une déclaration d’intention de la « gauche d’avant-garde » ; La seconde fugue d’Arthur Rimbaud est une manifestation tardive de ce qu’on pourrait appeler la gauche du « commun ».

Qu’à gauche, les groupuscules gauchistes aient pris le pas sur le PCF est une catastrophe sociétale dont nous commençons à mesurer la gravité.

La gauche d’avant-garde prend le peuple de haut ; la gauche du commun le filme d’en bas. Le cinéma de Taliercio est un cinéma de marcheur, plein d’humilité, au sens littéral : les deux pieds dans l’humus. Le film d’Ana Dumitrescu respire le mépris de classe et la suffisance. Il ne développe aucune idée, n’apporte aucune preuve de terrain ; son unique message consiste à dire : nous pensons comme il convient de penser, imitez-nous. La gauche d’avant-garde ne veut pas l’accord. Elle ne cherche pas prioritairement à convaincre. Par narcissisme, elle se complait dans une position qu’elle rêve minoritaire, pour se donner des allures de résistance. C’est la gauche de Joffrin, de Croissandeau ou de Plenel, la gauche qui ne croit tellement plus au peuple qu’elle nie son existence et lui dénie tout droit à se reconnaître une identité.

Même pas peur donne la curieuse impression que le référent n’existe plus. C’est un vrai film post-moderne, où tout n’est qu’affaire de discours : ceux qui alertent sur la montée de l’islamisme radical dans les banlieues sont des racistes qui agitent une « rhétorique de la peur » ; les intervenants du film ne se s’interrogent jamais sur le degré de conformité au réel de ces discours ; ils ne veulent pas voir que, là encore, les classes populaires sont en première ligne dans un combat contre un ennemi dont ils persistent à nier l’existence. La seule chose qui intéresse Dumitrescu, c’est de distribuer bons et mauvais points, en toute indépendance des faits. Comme si le réel, pour lui faire plaisir, avait enfin définitivement cessé de nous encombrer.

Patrick Taliercio sait bien que le réel existe encore, et que les oppositions idéologiques ne sont pas seulement affaire de rhétorique. Il sait que la mondialisation est un cataclysme dont la classe ouvrière paie le tribut le plus lourd. Son film donne la nostalgie de cette gauche du commun, qui cherchait à lier des individus toujours plus détourés par le libéralisme, plutôt qu’à se faire l’étendard des uns pour mieux criminaliser les autres.

Qu’à gauche, les groupuscules gauchistes aient pris le pas sur le PCF est une catastrophe sociétale dont nous commençons à mesurer la gravité. Car aussi peu défendables qu’aient été les positions internationales du PCF, il donnait vie à un intense réseau d’amicales, de syndicats, de clubs sportifs et culturels, de fêtes populaires ; en ce temps-là, la gauche créait du « commun » contre les offensives de ce capitalisme qui nous veut tous consommateurs isolés. Aujourd’hui, la gauche d’avant-garde renifle ces fêtes pour voir s’il n’en émanerait pas une des ces odeurs « rances » ou « nauséabondes », sentant l’arrière-pays français, et dont il conviendrait de dénoncer les « relents xénophobes ». Les fils de bourgeois qui dénoncent les opinions des ouvriers et croient vraiment que le pire des dangers pour la France est le Front national travaillent objectivement dans le sens du vaste processus de désagrégation identitaire et symbolique que subit le peuple en France, depuis que les outils de production en désertent le territoire. Il ne reste à la gauche à l’ancienne, encore habitée par le souci du commun, qu’à chroniquer les étapes de cette dépossession ultime. Le parti pris plus poétique que militant adopté par Taliercio est d’une grande justesse : il n’est plus temps que de pleurer.

Pour ajouter à notre mélancolie, le film d’Ana Dumitrescu fait le tour de la France alors que celui de Patrick Taliercio n’est pour l’instant distribué nulle part…

Les rencontres de Laignes : PROGRAMME DES PROJECTIONS

•20 novembre 2015 • Laisser un commentaire

Ces projections sont ouvertes gratuitement au public

Jeudi 26 novembre à 21h :

avant première nationale au Vox :

MIA MADRE (1h51min) miamadre

Le prochain film de Nanni MORETTI, primé au dernier festival de Cannes (sortie le 2 décembre)

Avec Margherita Buy, John Turturro, Giulia Lazzarini

Genre : Drame , Comédie

Nationalité : Italien , français

Margherita est une réalisatrice en plein tournage d’un film dont le rôle principal est tenu par un célèbre acteur américain. À ses questionnements d’artiste engagée, se mêlent des angoisses d’ordre privé : sa mère est à l’hôpital, sa fille en pleine crise d’adolescence. Et son frère, quant à lui, se montre comme toujours irréprochable… Margherita parviendra-t-elle à se sentir à la hauteur, dans son travail comme dans sa famille ?

pour visionner la bande annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19552325&cfilm=225672.html

 

Vendredi 27 novembre à 14h :

MÊME PAS PEUR !  (1h45min) en présence de Jonathan Boissay assistant réalisateur

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Réalisé par Ana Dumitrescu

Avec Ashkenaton, Jean Baubérot, Laurence Blisson

Genre : Documentaire

Nationalité : Français

Le film « MÊME PAS PEUR ! » commence le jour d’après, c’est-à-dire le 12 janvier, le lendemain de la grande manifestation du 11 janvier qui a rassemblé plus de quatre millions de personnes dans les rues, en France et à l’international. Les événements des 07, 08 et 09 janvier 2015 ont impacté notre société d’une manière sans précédent. L’union et la solidarité ont été le mot d’ordre de ces quelques jours. Toutefois la peur de la suite existe, qu’elle soit située au niveau du terrorisme ou bien du clivage de la nation.

pour visionner la bande annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19553004&cfilm=236815.html

 

Vendredi 27 novembre à 21h : projection en avant-première en présence du réalisateur :

CAP AUX BORDS

Un film de François Guerch, Belgique-France, 2015

François Guerch

François Guerch

« Ils se nomment et ils ne se nomment pas, car ils sont étrangers à la parole. On dit d’eux qu’ils sont autistes. Je m’embarque avec ma caméra dans leur vacance, hors des mots, et je me laisse guider sans présumer de ce qui pourra advenir ou non. Une invitation à la rencontre et à la traversée, sur un fil, aux bords du vide. Une présence inoubliable pour qui veut bien les voir. Ce film doit beaucoup aux premières Rencontres de Laignes au cours desquelles furent montrés au public mes premiers rushes, mes premiers essais » (François Guerch)

Samedi 28 novembre : 20h30

au Sélect à Châtillon/Seine

projection en sortie nationale du film

LA VIE PURE (1h33min) 

en présence de son réalisateur Jeremy BANSTER

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Avec Stany Coppet, Aurélien Recoing, Elli Medeiros, Daniel Duval

Genre : Biopic , Aventure , Drame

Nationalité : Français

En 1949, Raymond Maufrais, un jeune explorateur français part en expédition solitaire dans la forêt amazonienne. Il laisse derrière lui un journal, un carnet de voyages, qui retrace son parcours, ses rencontres et sa recherche d’une Vie Pure. Il laisse aussi derrière lui le mystère de sa propre disparition…

pour visionner la bande annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19557344&cfilm=228996.html

 

Samedi 28 novembre : 21h

au Vox à Laignes

THE WALK, rêver plus haut             (en 3D)       2h03 

thewalk

Réalisé par Robert Zemeckis

Avec Joseph Gordon-Levitt, Ben Kingsley, Charlotte Le Bon

Genre : Biopic , Drame , Aventure

Nationalité : Américain

Biopic sur le funambule français Philippe Petit, célèbre pour avoir joint en 1974 les deux tours du World Trade Center sur un fil, suspendu au-dessus du vide.

pour visionner la bande annonce :

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19554193&cfilm=226673.html

 

Dimanche 29 novembre : 10h    Bonus :

projection des minutes tournées à Laignes

sous la direction de Le Tacon

sous la direction de Le Tacon

et présentation du spectacle de l’atelier théâtre et cinématographie

L’action théâtrale misant sur la spontanéité, l’improvisation, la performance lors d’une séance exceptionnelle, le dimanche 29 au matin. Lors de la séance de théâtre-cinéma, il s’agira de casser la quiétude de la séance de cinéma en glissant vers le happening : le lieu, les gens, les machines, les objets, le temps deviennent acteurs d’une pièce improbable. Il s’agira de continuer réinventer la séance de cinéma, de mettre un peu de lumière dans les salles obscures.

Inscription aux rencontres de Laignes

•13 novembre 2015 • Laisser un commentaire

Vous pouvez vous inscrire directement grâce à ce formulaire :

 

LES RENCONTRES CINEMATOGRAPHIQUES DE LAIGNES TOUT DE MEME

•10 novembre 2015 • Laisser un commentaire

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Tout le monde avait fortement regretté l’annulation du 4e festival des étudiants de cinéma en juillet dernier à cause de la défection de nombreux financeurs (il manquait près de 10 000 € pour pouvoir organiser cette belle manifestation…)

Depuis, de nombreux contacts ont été pris, deux financeurs, la DRAC et la Communauté de Communes sont restés fidèles et ont versé leur aide.

La commune, le Conseil Départemental et le Conseil Départemental ont été à nouveau sollicités et l’on espère une réponse positive prochaine, même modeste…

Des financeurs privés ont aussi été contactés.

Tout cela a permis à PANORAMIC 21 avec l’appui du ciné-club de l’ASCLE (en remplacement de l’ELDORADO actuellement en difficultés et indisponible) d’envisager une édition réduite, mais néanmoins de grande qualité en fin novembre de ces 4es rencontres cinématographiques de Laignes.

Elles seront jumelées avec les premières rencontres des auteurs et scénaristes de Bourgogne qui auront lieu aux mêmes dates et au même endroit…

Ces journées auront lieu du 26 au 29 novembre 2015

Voici la première mouture du programme :

(les inscriptions : 10 € pour les 3 jours se font sur le site des rencontres http://rencontreslaignes.fr/ ou directement par mail : panoramic21@orange.fr )

Jeudi 26 novembre :

  • Matin : accueil à la cinémathèque 4 grande rue Maison Dieu
  • Fin de matinée : ouverture de l’atelier théâtre et cinématographie de Jean-Louis Le Tacon :

Laignes va devenir un laboratoire d’expérimentation impliquant un passage à l’acte.

Faire et oser le faire.

L’objet de l’expérimentation sera en trois jours de créer une œuvre ouverte qui se tissera à partir de lignes éparses :

– le lieu, Laignes, son cinéma, son architecture, sa population, son paysage, son histoire, ses histoires … – les zèbres qui s’invitent dans le lieu pendant trois jours, trimbalant leurs folies et leurs utopies. – l’action théâtrale misant sur la spontanéité, l’improvisation, la performance. – l’action cinématographique qui permet de fabriquer des cellules cinématographiques ou explosifs divers qui seront mis à feu en des moments et des lieux imprévus. Les cibles (les écrans) prendront des aspects divers et incongrus : un plafond, des baudruches gonflées à l’hélium, des corps sans organes, des stores vénitiens.

Lors de la séance de théâtre-cinéma, il s’agira de casser la quiétude de la séance de cinéma en glissant vers le happening : le lieu, les gens, les machines, les objets, le temps deviennent acteurs d’une pièce improbable. Il s’agira de continuer réinventer la séance de cinéma, de mettre un peu de lumière dans les salles obscures.

Concrètement, les personnes qui voudront se lancer dans l’aventure s’activeront lors des trois matinées du rendez-vous de Laignes.

Pour s’échauffer, nous pratiquerons la gymnastique du filmeur, qui nous prépare au cinéma des filmeurs : Cadrer les corps, s’opère dans un corps à corps, entre le corps filmant et le corps filmé, entre un corps appareillé (le filmeur) et un corps « dans le plus simple appareil » (personne filmée). Filmer est une performance corporelle et intellectuelle à la fois. Filmer c’est susciter des événements filmiques et s’y émerger avec caméra et micro. La gymnastique d’opérateur est un rituel d’initiation au cinéma des filmeurs.

Puis, l’atelier s’articulera à la proposition d’Isabelle Blatrix : Les Minutes (Le temps est une voie lactée d’instants*) C’est dans ce cadre que nous concocteront les images.

Puis, tout en se faisant les participants imagineront un mode de présentation particulier dans la salle de cinéma impliquant des actions théâtrales. Ce spectacle clôturera le rendez-vous de Laignes 2015.

 

  • Midi : repas chaud salle des fêtes
  • 14h ouverture : Jean-Paul Noret, Patrick Leboutte cinéma VOX, 5 grande rue Maison Dieu
  • 15h séminaire Patrick Leboutte
  • 17h projections, rencontres…
  • 19h : repas chaud salle des fêtes
  • 21h : projections

 

Vendredi 27 novembre :

  • 9h : mise en place des minutes : Isabelle Blatrix, Jean-Louis Le Tacon

C’est un dispositif cinématographique invitant chacun (professionnel et non-professionnel) à réaliser un ou des films d’une minute (plan séquence ou autre). Chaque Minute figure un instant de vie dans un lieu donné (voir ci-joint Avec BernadetteLaignes-4 juillet 2013 ). Les Minutes s’associent pour former le portrait d’un lieu (extérieur ou intérieur) à un moment donné (après Blaisy-Bas-2009-2012 et Autoportrait-2015, j’imagine Laignes-2015 ). Les portraits s’associent pour former une constellation. Les constellations s’associent pour former une fresque évolutive intitulée Nous les Vivants (Une voie lactée d’instants). Ce dispositif s’inscrit dans une recherche artistique menée depuis 1986, dont le fil conducteur est la notion de contradiction fertile. Il fait suite à une expérience cinématographique intitulée Habité-Habitant (Blaisy-Bas, 2009-2012) où je vais avec Denis à la rencontre de nos 700 voisins. Ce dispositif répond à la proposition de Patrick à propos de Laignes en novembre : Je souhaite que nous repartions des habitants, de leurs désirs, de leur présence, de ce qui nous manquait, parce que sans eux notre activité n’a pas de sens. Je souhaite que de ces trois jours, ils soient le socle. C’est la seule solution. Pour la quatrième fois nous sommes invités à Laignes et je me réjouis d’inviter chaque habitant et participant à entrer dans la danse des Minutes. L’objectif est de faire Une Minute par jour (Denis est prêt pour l’aide au montage). Avec Jean-Louis nous prévoyons donc 3 matinées de pratique et une présentation des Minutes à «une action théâtrale et cinématographique». Œuvrons ensemble pour un cinéma préoccupé d’un «nous» et d’un «je» actif, un cinéma de l’hospitalité, un cinéma pour les vivants d’aujourd’hui, d’hier et de demain !

  • 10h : Projection du long métrage « Même pas peur » en présence de Jonathan Boissay assistant réalisateur, discussion
  • Midi : repas chaud salle des fêtes
  • 14h Patrick Leboutte, ses exclusivités, ses invités

Projections, rencontres…

  • 19h : repas chaud salle des fêtes
  • 21h : projections

Samedi 28 novembre :

  • Matin : les minutes, suite
  • Rencontre de Patrick Leboutte avec les auteurs et scénaristes de Bourgogne, salle du séminaire
  • Midi : repas chaud salle des fêtes
  • 14h Patrick Leboutte, ses exclusivités, ses invités

Projections, rencontres…

Conclusions

  • 19h : repas chaud salle des fêtes
  • 20h30 : séance au Sélect de Châtillon sur Seine : projection en sortie nationale du film

« la vie pure » en présence de son réalisateur Jeremy BANSTER, discussion.

  • 21h : projection tout public au VOX : « the walk » (en 3D)

 

 

Dimanche 29 novembre

Matin : bonus : projection des minutes et présentation du spectacle de l’atelier théâtre et cinématographie

Une salle comble...et comblée

Voilà, rendez-vous fin du mois, l’équipe des bénévoles est mobilisée pour offrir le meilleurs accueil, la population va ouvrir ses hébergements, la communes offre gratuitement des salles chauffées avec couchages et sanitaires, bienvenue à tous !

ANNULATION du 4e festival international des étudiants de cinéma, un immense gâchis ! !

•29 juin 2015 • 2 commentaires

Ce rendez-vous devenu incontournable et attendu avec impatience par tous n’aura pas lieu !

Il manque près de 10 000 € pour pouvoir cette année le faire vivre.

Comment en est-on arrivé là ?

Comme pour 150 autres festivals en France, les collectivités territoriales et locales ayant supprimé ou substantiellement diminué leurs subventions, les organisateurs ont dû prendre cette décision cruelle.

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Alors, finalement, d’où vient le problème ?

Le Conseil Régional de Bourgogne a accordé 0 €.

Le Conseil Départemental de Côte d’Or a dit qu’il ne donnerait réponse que lors de sa commission permanente du 7 septembre.

La Communauté de Commune du Pays Châtillonnais a accordé 1 000 € (pour 2 000 demandés)

La DRAC de Bourgogne a accordé 1 500 € (pour 4 000 demandés en échange de deux jours de plus avec interventions au collège)

La Commune de Laignes a indiqué qu’elle ne donnait rien et que s’il y avait une demande écrite, elle diminuerait tout de même sa subvention. De plus, elle a retiré au festival l’usage de l’ancien café de la fontaine qui servait de bureau d’accueil et de foyer au festival.

Le cinéma Eldorado qui avait l’an dernier participé à hauteur de 3 500 € a indiqué qu’il ne pourrait pas participer financièrement cette année, ayant lui-même de grosses difficultés financières.

En résumé, il n’y avait donc, un mois avant l’événement, que 2 500 € de financements pour un budget global de 55 550 €.

On comprend donc la détresse des organisateurs.

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Pourtant tout était prêt :

– plus de 40 bénévoles s’étaient proposés pour encadrer le festival,

– plus de 35 hébergements gratuits avaient été proposés par les habitants de la région,

– les équipements communaux (à part le café) étaient à nouveau à disposition,

– les films en avant premières mondiales et nationales étaient déjà promis,

– les grands réalisateurs Miguel Gomes (Portugal) et Paul Vecchiali avaient déjà donné leur accord pour venir et Alain Cavalier, Luc Moullet et Bouli Lanners étaient annoncés.

– les étudiants, depuis six mois, s’étaient organisés pour venir passer 10 jours à Laignes,

– Patrick Leboutte et Jean-Louis Le Tacon et leurs équipes avaient travaillé d’arrache-pied pour concocter un programme encore plus alléchant que ceux des trois précédentes sessions,

– Les équipes de l’Eldorado et de Panoramic 21, fortes de leurs précédentes expériences, avaient préparé une organisation beaucoup plus professionnelle,

– les cinéphiles de la région se réjouissaient de pouvoir participer à ces rencontres de très haute tenue,

– les commerçants de Laignes et sa région se félicitaient de cet afflux de nombreux nouveaux clients,

– les jeunes de la région attendaient avec impatience le retour de ces étudiants avec lesquels ils avaient tellement sympathisé,

– le Président départemental de la randonnée pédestre avait déjà préparé un itinéraire inédit entre Laignes, Nicey et Griselles,

– les organisateurs du vide-grenier de l’ASCLE à Laignes, de la fête de la nature à Griselles et de la fête du lac à Marcenay, leurs manifestations étant intégrées dans le programme du festival, se réjouissaient de voir 150 personnes supplémentaires participer à leurs activités,

– la séance de cinéma en plein air au bord du lac de Marcenay était déjà planifiée,

– les élèves du collège se réjouissaient, à la veille des vacances, de pouvoir être parties prenantes de l’événement et voir des films inédits tout en rencontrant de grands professionnels du cinéma,

– l’Association des professionnels de l’audio-visuel Rhin-Rhône (APARR) et l’association des Petites Caméras se réjouissaient d’être accueillis au sein du festival de Laignes pour organiser leurs premières rencontres régionales des auteurs et scénaristes de Bourgogne.

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Tous ceux-là sont aujourd’hui très déçus de cette annulation, sans parler de la population Laignoise qui se réjouissaient de voir de l’animation et de nombreux jeunes dans les rues de leur commune habituellement si désertes…

Suite à de nombreuses demandes, les organisateurs, pour ne pas céder au découragement et abandonner une si belle réalisation, réfléchissent à une session raccourcie en automne (un week-end) pour justifier les rares aides obtenues et l’éventuel soutien du Conseil Départemental.

Pour 2016, des contacts ont déjà été pris avec d’autres localités dont les cinémas sont gérés par Panoramic, et en particulier avec Salives dont la municipalité est prête à mettre tout en oeuvre pour accueillir ce festival dont la renommée a déjà largement dépassé la région Bourgogne…

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Il est essentiel de se battre pour sauver ces manifestations culturelles et de rappeler aux élus que la culture en France crée plus d’emploi et rapporte plus dans la balance commerciale que l’ensemble de l’industrie Française. Il convient donc de la soutenir à hauteur de ce qu’elle représente.

Au revoir mon Bernard…

•12 mai 2015 • 4 commentaires

Je te dis au revoir, car je ne peux imaginer Laignes sans toi.

Je le dis aussi pour ta famille dont les convictions religieuses font qu’ils sont certains de te revoir dans un monde meilleur, où la justice pour laquelle tu as toujours lutté sera respectée, un monde où tu retrouveras ton frère René,  tes beaux Frères Pierre et Paul et bien d’autres que tu as aimés…

J’ai retrouvé dans mes archives une photo vieille de plus de cinquante ans où tu figures dans le cadre de ton métier en compagnie de mon père et de mon beau-père.

Daniel,Paul et Bernard

Ce n’est pas anodin pour moi de t’associer à ces deux personnes qui hantent mes pensées en permanence. Je reprendrai ces lignes un peu plus tard, car c’est plus fort que moi, mon regard s’embrouille et ma boîte de mouchoirs se vide…

Je m’en veux infiniment de ne pouvoir être présent à ton inhumation, je suis, à la veille du festival de Cannes, entrain de négocier la venue à Laignes de grands noms du cinéma pour notre prochain festival des étudiants au Vox en juillet prochain. Cela paraît bien futile, mais je sais que tu connais mon attachement à m’impliquer totalement dans tout défi qui m’est proposé.

Je sais que dans tes derniers jours tu n’as pas voulu continuer à te battre malgré ton courage exceptionnel. C’est tout à ton honneur, car je sais que tu ne voulais pas être une charge pour tes proches.

Tu ne t’es jamais trop exprimé sur tes sentiments, même auprès de ta chère Simonne, mais ceux qui te connaissaient bien n’avaient pas besoin de mots pour déceler ta fureur retenue quand quelque-chose n’allait pas ou ta joie intense lors d’événements heureux (tu en as eu beaucoup aussi et nous en avons partagés quelques-uns).

Et parfois ta colère éclatait, mais ce n’était jamais pour des choses graves. Et la tension retombait aussi vite qu’elle était montée et ça se terminait par des sourires complices de ton entourage. Certains même s’amusaient à te titiller et ça partait au quart de tour, car on te disait soupe-au-lait.

Pour ma part, j’ai énormément apprécié ta fidélité en amitié, fidélité au delà du raisonnable parfois, car auprès de certains, indignes de ta confiance, elle a été trahie et tu n’as pas compris, car de ton côté, tu étais incapable de trahison.

Dans ce cadre, une de mes grandes fiertés est de t’avoir rendu ce poste de Maire-adjoint qu’on t’avait volé en permettant à Simonne d’accéder à ce titre. Ton expérience lui a été très utile et ta fidélité a renforcé la sienne qui ne s’est jamais démentie.

Laignes perd un grand bonhomme, je perds un grand ami, mais ta famille unie est là pour te continuer dans cet esprit de loyauté qui t’a toujours animé.

Salut Bernard !

 

 
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