La cinémathèque départementale de Côte d’Or

Après la seconde guerre mondiale, le Conseil Général de Côte d’Or a confié la gestion de la cinémathèque départementale à la Ligue de l’Enseignement.

Il s’agissait de sauvegarder tout le patrimoine cinématographique tourné en 16mm pour les habitants du département, essentiellement les enseignants, mais aussi les chercheurs, les étudiants et les cinéphiles.

Des centaines de courts et moyens métrages, dont beaucoup de documentaires ont ainsi été regroupés et mis à la disposition des utilisateurs.

La Ligue de l’Enseignement a également créé peu de temps après l’OROLEIS (Office Régional des Oeuvres Laïques pour l’Education par l’Image et par le Son), sa fédération régionale des ciné-clubs, ce qui lui a permis d’alimenter tous les ciné-clubs de Bourgogne en copie 16mm des grands films longs métrages du patrimoine et également des dernières nouveautés (un an après leur sortie commerciale).

C’est donc tout naturellement l’OROLEIS qui a repris la gestion de la Cinémathèque Départementale de Côte d’Or à côté de sa propre cinémathèque de longs métrages.

Trente ans plus tard, changeant de locaux, l’OROLEIS n’ayant plus assez de place pour héberger tous ces films, passait un accord avec le CRDP (Centre Régional de Documentation Pédagogique) pour gérer les deux cinémathèques.

Dans les années 80, la télévision devenant omniprésente, les ciné-clubs disparaissaient presque tous et l’OROLEIS, dont j’ai été le dernier président devait cesser son activité.

Beaucoup de copies de ses longs métrages étaient retournées au centre confédéral à Paris. Cependant, plusieurs centaines de copies dont les droits d’exploitation n’avaient pas été renouvelés, restaient stockés au CRDP avec les copies de la Cinémathèque Départementale, dont les films ne sortaient plus beaucoup non plus, suite à l’apparition de la vidéo (VHS puis DVD).

En 1998, le CRDP désirant mettre ses locaux aux normes d’accueil, fait une demande d’aide financière au Conseil Général pour construire un ascenseur.

Etant élu dans la commission chargée de l’Enseignement au Conseil Général, j’ai l’occasion d’examiner les plans. Je constate que la cage de l’ascenseur passe exactement dans le local de stockage de la Cinémathèque. Je demande alors que vont devenir les centaines de film 16mm. La réponse du CRDP me consterne, les films ne sortant pratiquement plus et étant remplacés par la vidéo, ils vont purement et simplement être mis à la décharge.

J’alerte immédiatement la ligue de l’Enseignement dont je suis encore administrateur pour qu’elle reprenne la responsabilité de son bien (les films de l’OROLEIS) et des films de la Cinémathèque Départementale avec l’accord du Conseil Général.

N’ayant pas de locaux disponibles sur Dijon, la Ligue me sollicite. Etant Maire de Laignes et animateur de l’un des derniers ciné-clubs de Bourgogne, je propose à la ligue des locaux communaux, où peu de temps après, quelques deux mille copies 16mm sont transportées.

De façon à faire plus que simplement stocker et sauvegarder ce patrimoine, mais aussi le reconditionner, le répertorier et le remettre à disposition, je crée quelques années plus tard, avec la Ligue et les points de projection ciné 35 de Haute Côte d’Or, l’association PANORAMIC 21 dont les statuts indiquent sa responsabilité de la Cinémathèque au même titre que son action de diffusion du cinéma commercial en milieu rural.

La Ligue, avec l’accord du Conseil Général, transmet alors l’intégralité de ce patrimoine cinématographique en 16mm à PANORAMIC 21 en échange d’un engagement de le sauvegarder et le valoriser.

C’est une tâche passionnante mais considérable qui a maintenant débuté depuis trois ans. Des milliers d’heures de visionnement sont nécessaires, car bien des étiquettes ont disparu. Pendant deux ans, un accord a été passé avec la prison de Dijon, où des détenus se sont portés volontaires pour visionner les films et rédiger des fiches descriptives.

Parallèlement, à Laignes, deux emplois ont été créés et les animatrices ont commencé un travail de romain. Elles ont commencé par les longs métrages en les répertoriant, les reconditionnant, les étiquetant et les rangeant par ordre alphabétique.

Elles ont ainsi redécouvert quelques trésors d’une grande rareté. Par exemples, les deux dernières copies du film tourné en Côte d’Or par Jean GOURGUET en 1936, Jeannette BOURGOGNE. Tous les instituteurs de l’époque avaient participé financièrement pour permettre la réalisation de cette belle fiction témoignant de leur expérience à l’époque du Front Populaire. Nombre d’entre eux dont certains ayant même joué comme figurants, apprenant cette existence, m’en ont demandé une copie vidéo que PANORAMIC 21 a aussitôt réalisée (les droits appartiennent à Citévox, donc à la Ligue et nous avons déposé l’original du film en copie flamme 35mm à Bois Darcy, le centre national de conservation des films du CNC, Centre National de la Cinématographie).

Noël SIMSOLO, le plus grand historien national du cinéma et grand spécialiste du Western que nous avons eu l’honneur de recevoir à Laignes l’année dernière pour un stage cinéma a souhaité visiter la cinémathèque. J’ai alors vu ses yeux s’illuminer. Très vite, à la vision de deux bobines, je l’entends s’exclamer « Qui tire le premier » de Bub BOTTICHER, le seul western dont je n’arrive pas à avoir une copie, il est là !…

Ce challenge qui est entrain d’être relevé à Laignes par PANORAMIC 21 a aussi intéressé les médias. En plus de nombreux articles dans la presse écrite, la télévision FRANCE 3 vient de réaliser pour le journal télévisé un reportage dont je note ici les références internet pour ceux qui l’auront raté : http://info.francetelevisions.fr/video-info/index-fr.php?id-video=cafe_HD_1200_dijon_midipile_230710_23072010123115_F3

(Journal 12/13 de France3 Bourgogne du 23/07/2010)

Elle a été rediffusée au Journal 19/20 de France3 Bourgogne le 14/09/2010 :

http://info.francetelevisions.fr/video-info/index-fr.php?id-video=cafe_HD_1900_dijon_jtregional_140910_21_14092010194023_F3&timecode=759&endtimecode=968

Bien sûr, les films sont le premier intérêt de la cinémathèque, mais celle-ci recelle également d’autres trésors, du matériel très ancien (qui fonctionne encore), une documentation papier impressionnante et également une belle collection d’affiches… Mais tout cela doit aussi être répertorié et classé.

Les bénévoles cinéphiles sont les bienvenus pour aider nos deux animatrices, avis aux amateurs…

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~ par jeanpaulnoret sur 12 juillet 2010.

2 Réponses to “La cinémathèque départementale de Côte d’Or”

  1. Really nice blog, I discovered today and will come back soon. Go on with your good job.

  2. Bonjour

    J’ai connu ces films 16 mm dans ma jeunesse, j’avais démarrer le cinéclub dans mon collège, ça ne me rajeuni pas…

    J’ai co-fondé il y a 2 ans, Kubosphere, une société de numérisation du patrimoine argentique et de solution de médiathèque numérique associée.

    Vous pouvez me joindre directement sur mon email si vous souhaitez en discuter.

    Cordialement

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