Les rencontres de Laignes vues par Archimède épisode 2

Nous publions ici un extrait de

La lettre d’Archimède  No 69 du 16 juillet 2016

qui concerne les Rencontres de Laignes 2016 :

La soirée d’ouverture avec Ta’Ang puis le film d’Yvan Petit

« Je suis revenu lundi des Rencontres de Laignes 2016 qui m’ont semblé plus denses que les deux précédentes éditions auxquelles j’ai participé.

Journal de Laignes 2016

Ta ang5

Ta’ang — Juste avant la guerre

Les Rencontres de Laignes sont l’occasion de voir des films quasi-invisibles.

Y participent des gens qui veulent faire ou simplement voir un cinéma différent de celui que les circuits purement commerciaux proposent. Beaucoup des films présentés sont des courts métrages sans distributeur, ce qui explique aussi la difficulté de les voir en salle de cinéma, même à l’Eldorado.

Les films, suivis de discussions en salle ou autour d’une table, composent un excellent remède contre les facilités et les lieux communs. Me réveillant à potron-minet, je rédigeais chaque matin quelques notes sur la journée de la veille. Je vous en livre ici quelques-unes que je n’ai pas retouchées, sinon de quelques fautes évidentes et complétées éventuellement d’un texte entre crochet par soucis de compréhension.

Par manque de place (et par manque d’intérêt de mes notes pour certains), je ne peux évoquer tous les films mais j’espère revenir cet été sur Cinéma documentaire, fragments d’une histoire de Jean-Louis Comolli, les deux films d’Alice Diop, les films des groupes Medvedkine et du collectif Cinélutte…

Soirée d’ouverture : Ta’ang de Wang Bing.

[Le documentariste filme les De’angs entrés en Chine pour fuir les conflits qui ont lieu en Birmanie.]

Le film m’a surpris. Je n’ai pas été le seul : les appréciations succinctes sont assez souvent peu élogieuses, mais rarement franchement négative. Surprise, donc. Je n’ai pas participé à des discussions similaires à celles qui ont suivi les films d’ouverture des années précédentes [Leviathan en 2013, À la folie en 2014].

Peut-être est-ce dû au dispositif du film, chacun des films de Wang ayant le sien propre. Ici, Wang filme plus des groupes que des individus — en y repensant, la dynamique interne des groupes qui fuient, qui se disloquent, qui hésitent, qui s’immobilisent… Et il y a ces moments récurrents où l’individu quitte le groupe, le plus souvent pour téléphoner.

A-t-on déjà filmé si précisément le réfugié, la complexité de son état, sans sentimentalisme, sans en faire le symbole d’un discours politique ou humanitaire ? À revoir absolument. — LD m’a dit la forte impression que lui a faite le film, le premier de Wang qu’elle voit. Cela me conforte dans l’idée que je n’ai pas su assez oublier les précédents pour apprécier celui-ci.

image006
Juste avant la guerre d’Yvan Petit.

Vu avec plaisir la nouvelle version (plus courte) de ce journal filmé. Je me souvenais bien de l’histoire d’amour, moins du reste comme des difficultés d’Yvan à réaliser un film sur son père, un des sujets qui m’a le plus intéressé à cette nouvelle vision.

Le procédé [Yvan Petit décide de filmer un plan par jour avec son téléphone portable qui fait aussi caméra. Juste avant la guerre utilise la matière obtenue en six ans, période correspondant à l’histoire d’amour. Il est composé de trois parties correspondant chacune à un téléphone, la définition de l’image évoluant donc d’une partie à la suivante] fonctionne toujours bien. J’aime beaucoup la première partie, la pixellisation de l’image qui atténue le réalisme et place le spectateur du côté d’Yvan, non de ce qu’il filme ; peut-être aussi, je préfère cette partie parce qu’elle est plus heureuse, pleine d’espoir.

Au fil des parties, l’image se précise, se fait plus acérée ; la vie peut-être moins heureuse (la fin d’une histoire), plus difficile, moins prometteuse. Comme s’il fallait choisir entre la définition de l’image et le bonheur. »

Ta’ang (Hong Kong, France ; 2016 ; 2 h 28 ; couleur), réalisé par Wang Bing, produit par Wang Yang et Mao Hui ; image de Shan Xiaohui et Wang Bing, montage d’Adam Kerby et Wang Bing.
Juste avant la guerre (France ; 2015 ; 55’ ; couleur), réalisé par Yvan Petit, produit par Maud Martin ; image et montage d’Yvan Petit.
Publicités

~ par jeanpaulnoret sur 22 juillet 2016.

Une Réponse to “Les rencontres de Laignes vues par Archimède épisode 2”

  1. ce matin sur France inter il y a eu une interview de Judith Grumbach
    Réalisatrice du film « une idée folle » au sujet de l’école d’aujourd’hui. il est possible d’avoir ce documentaire gratuitement. serait-il possible qu’il puisse passer au cinémas de Châtillon et Laignes ?
    https://www.uneideefolle-lefilm.com/
    Patrick Bourquardez

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :